La majorité des cynophiles supposent que la famille des spaniels, à
laquelle appartient le cocker, descendrait du "Chien d'Oysel" (chien
d'oiseau). Gaston Phoebus, comte de Foix, déclarait dans son traité
sur la chasse, en 1387 : "Autre manière y a chiens qu'on appelle chiens
d'Oysel et Espainhoîz, pour que cette nature vient d'Espainhe".
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En fait, l'origine des spaniels est controversée. Si certains auteurs affirment
que les spaniels sont effectivement originaires d'Espagne ("spaniel" dériverait
du mot Espagne), d'autres situent leur souche plutôt en France. D'après
ces derniers, "spaniel" serait issu du vieux français " s'espanir" qui signifie
se coucher. En effet, lors de la chasse au filet, courante au Moyen Âge
et pratiquée essentiellement par les valets, les "chiens couchants" ou "de
rêts" devaient détecter la présence de la "plume" (caille, perdrix...) et
se coucher aussitôt pour ne pas être blessés par les plombs lestant le filet.
Les nobles employaient davantage le spaniel pour la chasse au faucon ou
à l'autour : le chien levait le gibier à plumes pour le rapace puis le rapportait. |
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Dans le chapitre consacré aux spaniels, Gaston Phoebus poursuit: "Les bonnes
coutumes que cieux chiens ont, sont qu'il ayment bien leur mestre et le
suyvent sans perdre parmi toute gent. Aussi sont-ils volontiers toujours
devant quérant et jouant de la cueuse et encontrant de tous oysiels et de
toutes bêtes". Ce témoignage montre que le spaniel avait déjà le tempérament
et le comportement de chasse que nous lui connaissons aujourd'hui, d'autre
part il prouve l'utilisation du spaniel dans la France du XIVème siècle.
Quelle que soit l'origine exacte, tous les cynophiles s'accordent pour reconnaître
que ce sont les Anglais qui ont "façonné" les spaniels. À la même époque,
l'anglais Chauser mentionne la race dans The Wif of Bathes Prologue. En
1570, John Keys, futur médecin de la reine Élisabeth 1ère, dresse une liste
complète des chiens présents en Grande-Bretagne, mentionnant des spaniels,
importés d'Espagne, et établis depuis longtemps sur l'île. |
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Pendant très longtemps les spaniels ont été considérés comme un groupe homogène
et ce n'est qu'à partir du XVIIIème siècle qu'une différenciation intervient
selon la spécialisation des chiens. Vers 1700, le premier duc de Marlborough
fait l'acquisition d'un couple d'épagneuls nains. Satisfait de leurs qualités
de chasseurs, il se pique d'élevage, opère vraisemblablement des croisements
entre ses toy spaniels et des spaniels de chasse puis sélectionne des chiens
rouges et blancs, les "blenheim", d'après le nom de sa résidence. |
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En 1873, parmi les "field spaniels", on sépare le "springing spaniel" du
"cocking" ou "cocker spaniel", plus petit et spécialiste de la bécasse.
Le cocker, de son vrai nom "english cocker spaniel", se développe surtout
au Pays de Galle et dans le Devon. Il est officiellement reconnu par les
autorités canines en 1892. Un premier standard est rédigé en 1901. En 1902,
le Kennel Club abandonne définitivement le système assez cocasse de la pesée,
d'après lequel : était cocker tout spaniel pesant moins de 25 livres. |
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Certains reproducteurs ont joué un rôle important dans la sélection du cocker
spaniel. Ainsi, Obo, né en 1879 au chenil de Farrow, est considéré comme
l'ancêtre du cocker moderne. De robe noire, il pesait à peine 10 kg et mesurait
25 cm au garrot! Arrivé en France à la fin du XIXème siècle, le cocker anglais
remporte un énorme succès auprès des chasseurs de lapins mais doit sa popularité
actuelle davantage à ses qualités de chien de compagnie. |
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