LES 7 BIENFAITS
QUE LEUR APPORTE UN ANIMAL
Entre l'animal et l'enfant, le lien est très puissant. Et structurant, affirment les spécialistes. Petit tour d'horizon en sept poins positifs de cette belle histoire d'amour…au cas où vous hésiteriez encore à craquer. L'amour que les enfants éprouvent pour les animaux se justifie amplement par tout ce que ceux-ci leur apportent et que l'on ne soupçonne pas toujours ! Ainsi, tel un membre de la famille, c'est le compagnon de leur vie quotidienne, qui en suit toutes les évolutions avec la même constance et la même fidélité.
1 IL LES SECURISE DANS LES MOMENTS DIFFICILES
Quel que soit l'animal, cochon d'Inde, chat ou chien, il joue toujours le rôle d'" éponge affective " en permettant aux enfants d'exprimer l'affection, les sentiments, les colères et les rancunes. " L'animal, nous explique Boris Cyrulnik, psychiatre et éthologue, nous fait du bien parce qu'il déclenche en nous une émotion non angoissante, qui est au contraire stimulante, apaisante. " Le chat a faim ", " le chien est triste ", " il m'a pris mon jouet, il n'est pas gentil. " Quand le jeune maître s'identifie à son animal, il s'en sert comme d'un support pour exprimer ce qu'il n'est pas encore capable de formuler de ses propres besoins ou de ses frustrations. En ce sens, l'animal donne à l'enfant une stabilité affective et joue un rôle de " tranquillisant ". " Quand j'étais triste, je me réfugiais avec mon lapin, se souvient Mikaël, aujourd'hui j'ai 14 ans et sept ans de vie commune avec Jeannot. Je le prenais dans mon lit. Je lui parlais, je lui racontais mes histoires et il me comprenait. Il était hyper-câlin. Et il me comprend toujours ! " Et lorsque Marie, qui vit seule avec sa fille et rentre souvent tard, le soir, de son travail, a fini par céder à ses supplications et accepté de prendre un petit chat, elle a été sidérée par le bonheur que cela a procuré à Lilly : " Si j'avais su que c'était aussi important pour elle, je l'aurais fais plus tôt ! "
QUEL CONTRAT NEGOCIER AVEC VOTRE ENFANT ?
Vos enfants vous réclament un animal ? Avant d'accepter, négociez un contrat avec eux, suggère le psychologue Harry Ifergan. Etablissez-le par écrit, s'ils sont en âge d'écrire, ou enregistrez-le sur magnétophone s'ils sont trop petits. Puis conservez précieusement ce document, signé par touts les membres de la famille, et ressortez-le à l'occasion ! L'idée est de leur faire prendre conscience des avantages, mais aussi des devoirs et des obligations qu'entraînera la présence de ce nouveau membre de la famille : nettoyer la cage des oiseaux, changer régulièrement l'eau de l'aquarium ou la litière du chat, brosser et promener le chien, l'amener chez le vétérinaire. Une participation financière (minime) à l'entretien de l'animal n'est pas à exclure, préconise encore Harry Ifergan : elle contribuera à leur donner le sens de l'argent.
2 IL APPREND A COMPRENDRE SANS MOTS
Un enfant apprend rapidement à décoder les signaux envoyés par son chien ou son chat ; ses postures, ses regards, les mouvements de la queue et des oreilles, les aboiements, miaulements et ronronnements. Il acquiert ainsi, en plus, ce que l'on appelle la compréhension de la communication non verbale ; il est possible de se comprendre sans passer par la parole ! L'inverse est également vrai ; " Le chien et le chat sont parfaitement capables de décoder les émotions d'un enfant et de s'y adapter sans agressivité ", confirme Jean-Luc Vuillemenot, secrétaire général de l'Afirac, l'association française d'information et de recherche sur l'animal de compagnie. L'animal sent quand son jeune maître est agressif ou énervé et sait changer son comportement en fonction.
3 IL AIGUISE LEUR SENS DES RESPONSABILITES
Marie-Odile a tout de suite accepté d'acheter un animal à son fils lorsqu'il lui en a fait la demande : " Simon avait 6 ans et je lui ai dit que j'étais d'accord, à condition qu'il s'en occupe. Dans le magasin spécialisé où nous sommes allés, il a craqué pour une jolie petite lapine. Au début, il lui donnait à manger, nettoyait sa cage et se préoccupait beaucoup de sa santé. Un peu moins maintenant, mais je pense que ça lui a tout de même donné un certain sens des responsabilités. " Et quand la lapine a dévoré des bouts de moquette et grignoté le câble de l'ordinateur, Simon a proposé de lui-même de " réparer " avec son argent de poche. Ses parents ont évidemment décliné son offre, mais ils avouent avoir été très fiers que leur fils y ait pensé ! " La responsabilité d'un animal est souvent une vraie source de satisfaction et de valorisation pour l'enfant ", souligne Annie Eckerlin, psychologue spécialiste des interactions entre jeune enfant et les animaux familiers. Qu'il s'agisse de poissons, de petits mammifères ou d'animaux plus grands comme les chiens, les chats, voire des chèvres ou des chevaux, lorsqu'un enfant constate qu'il est capable de prendre des initiatives, de maintenir ses animaux chéris en bonne santé et de se voir reconnu pour ses capacités à répondre aux besoins d'êtres vivants, l'expérience joue un rôle très positif dans sa construction. Mais il ne faut pas se faire trop d'illusions sur cette prise de responsabilités, car il est assez rare qu'un enfant s'occupe totalement d'un animal. Mieux vaut le savoir avant : les tâches et les frais inhérents à son entretien incombent surtout aux parents !
4 IL LES OBLIGE A ARGUMENTER
Louis, quant à lui, s'est heurté à un refus catégorique lorsqu'il a réclamé un chien à ses parents. Un an plus tard, à 7 ans il récidive. Cette fois, son souhait est pris en considération. " Nous lui avons demandé deux jours de réflexion avant d'en discuter ensemble, raconte Sylvie, sa maman. Ensuite, nous nous sommes tous réunis dans le salon et chacun a donné ses arguments. Nous lui avons proposé de bien réfléchir en lui expliquant que, si nous acceptions, cela signifiait beaucoup de contraintes. A son âge, il n'était pas question de le laisser sortir le chien tout seul, par exemple. Qu'allions-nous en faire pendant les vacances ? Etait-il sûr qu'il ne s'en lasserait pas ? " La décision a finalement été reportée d'un an, sans que Louis ait eu le sentiment d'une injustice : il avait eu la possibilité d'exposer ses raisons et il avait compris celles de ses parents. C'est en effet l'occasion de rappeler aux enfants qu'entre leur désir et la réalité, il y a un juste milieu, qu'il faut savoir attendre, mais aussi que la négociation reste ouverte.
5 IL LES SENSIBILISE AUX CYCLES DE LA VIE
" La présence d'un animal offre aux enfants la possibilité de rencontrer les grandes étapes du cycle de la vie, de la naissance à la mort en passant par la sexualité, la reproduction la vieillesse et la maladie ", remarque Jean-Luc Vuillemenot. Cela leur donne des repères fondamentaux, parfois absents ou gommés dans notre société. Pas question, donc, d'occulter le fait que l'animal ne survivra pas à son jeune maître. Pas question non plus de leur en parler sans précautions. Lorsque le hamster de Roxane et Solal est mort brutalement, cela a été un véritable drame dans la famille. L'animal était encore jeune et personne n'avait eu le temps de se préparer à sa disparition. " Je regrette de ne pas leur avoir dit qu'ils ne le garderaient pas longtemps ", dit Véronique. Mais comment préparer des enfants à la mort d'un animal ? " En leur expliquant très simplement : "tu sais qu'un jour ou l'autre il ne sera plus là " ", suggère Harry Ifergan, psychologue. Et quand l'animal meurt, il faut l'enterrer en bonne et due forme. Boris Cyrulnik insiste sur l'importance du rituel de deuil pour eux : " On ne peut pas jeter à la poubelle un être vivant que l'on a aimé ! " Véronique et ses enfants l'ont bien compris et ont offert un enterrement digne de ce nom au hamster. Ils ont aussi attendu un peu avant d'en reprendre un autre. Car remplacer immédiatement l'animal auquel l'enfant s'identifie risque de lui donner à penser que lui aussi est interchangeable !
6 IL SOUTIENT LES ENFANTS FRAGILES
Le bonheur que procure un animal à un gamin solitaire, un peu timide, malade ou handicapé a été démontré par de nombreuses études. Il puise un grand réconfort dans sa présence. " Le compagnon familier peut également jouer un rôle important lors de la séparation des parents, ajoute Jean-Luc Vuillemenot. Il est celui sur lequel les enfants vont se projeter, à qui ils vont se confier. C'est pourquoi le maintien du lien à leur compagnon à quatre pattes est essentiel, quel que soit le principe de la garde entre le père et la mère. "
7 IL EST UN FORMIDABLE MEDIATEUR FAMILIAL
Pendant deux ans, Zoé a réclamé un chien ou un chat. Sa mère était d'accord pour un chat, son père ne voulait entendre parler ni de l'un ni de l'autre parce qu'il trouvait l'idée déraisonnable lorsqu'on habite un appartement en ville. Etienne a pourtant fini par céder, " à condition de ne pas m'en occuper " ! Devinez qui est aujourd'hui le plus gâteux de la famille avec Biscotte ? Mine de rien, le chaton a rempli une vraie mission éducative avant même son adoption. Zoé a appris à dire ce qu'elle voulait et à reformuler sa demande au fil des semaines, sans insister pesamment. Sa mère et elle en ont beaucoup parlé. " Je lui ai expliqué que si son père n'était pas d'accord, nous ne pouvions pas prendre un animal. C'est une affaire qui concerne toute la famille. " Alors elles ont élaboré ensemble une véritable stratégie. " J'ai suggéré à Zoé de reformuler sa demande au moment de Noël et de son anniversaire. Son père ne s'est pas laissé faire. Mais pour ses 8 ans, il a accepté… en bougonnant. " L'animal peut aussi rétablir la communication dans une famille qui ne va pas très bien. Harry Ifergan raconte ainsi comment une minuscule souris a métamorphosé la vie d'une de ses jeunes patientes de 12 ans. Au moment où les parents de Gabrielle étaient au bord du divorce, ses résultats scolaires en chute et ses rapports avec son jeune frère plutôt orageux, la fillette achète en cachette une souris avec sa meilleure amie. Elles la gardent en alternance chaque semaine. Le petit frère est mis à la confidence, ce qui améliore très nettement leurs rapports. Et lorsque Gabrielle veut officialiser la présence de la souris et la faire accepter par ses parents, elle adopte la stratégie la plus favorable : elle devient meilleure élève et moins agressive à la maison ! Quand ses parents ont découvert le pot aux roses, ils ont pris conscience de l'importance qu'avait prise ce petit animal dans la vie de leur fille, venant combler le vide affectif qu'ils ne soupçonnaient même pas…
COTE SANTE :
DES PRECAUTIONS A PRENDRE

Faut-il avoir peur d'avoir un animal à la maison ? Certes non, mais à condition d'adopter les précautions nécessaires et de ne pas choisir un animal dangereux.
o LES VACCINS. La vaccination des animaux est indispensable et les enfants doivent apprendre les règles d'hygiène afin d'éviter les zoonoses, ces infections qui se transmettent des vertébrés aux êtres humains. La principale est de se laver les mains avant de manger ou de porter les doigts à sa bouche quand on a caressé un animal ou touché à sa litière. En cas d'allergie, mieux vaut s'en séparer.
o LA " MALADIE DES GRIFFES DU CHAT ". Elle survient quinze jours après le coup de griffe et se soigne avec des antibiotiques.
o LES MORSURES DE CHIEN qui effraient les parents sont souvent provoquées par trois causes. La peur, quand le très jeune enfant veut jouer avec lui et ne sait pas encore interpréter ses signaux de menace. Un conflit de hiérarchie, lorsque l'animal était présent avant la naissance du bébé et n'a pas été rééduqué ou préparé à son arrivée. Enfin, lorsque le chien vieillit, il peut souffrir des jeux ou des manipulations brutales de l'enfant.

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