FRACTURES : POUR UNE GUÉRISON

SANS SÉQUELLES

Qu'il s'agisse des suites d'un accident ou des conséquences d'une affecttion, la fracture peut se produire chez le chien dès son plus jeune âge. Pour permettre une parfaite récupération fonctionnelle de l'organe fracturé, sans complications osseuses et avec une douleur minimale du chien, il est nécessaire de bien comprendre ce que sont les différents types de fracture afin de mettre en oeuvre le traitement adapté. Selon qu'il s'agit d'une simple félure ou d'une fracture ouverte, avec déplacement ou avec esquilles, la chirurgie nécessaire est en effet plus ou moins lourde.

Une fracture doit être traitée le plus rapidement possible. La réduction de la fracture et le maintien des os dans la bonne position sont indispensable pour une guérison rapide sans séquelles.

La fracture d'un os n'est pas systématiquement apparente. Le premier degré de fractures dites en bois vert correspond en réalité à des félures. Elles s'observent en général sur des jeunes chiens, le plus souvent au niveau des membres antérieurs ou postérieurs. Dans ce cas, la fracture est mise en évidence à l'oeil nu par l'observation d'une boiterie : l'animal évite de s'appuyer sur le membre en cause. La région atteinte est souvent gonflée par l'hématome dû à la fracture et l'on observe une sensation de chaleur ainsi qu'une douleur à la pression. Lorsque l'os fracturé se situe ailleurs (mâchoire, bassin...), la fracture est plus difficile à déterminer. Il sera nécessaire de passer par une radio pour la mettre en évidence.
 l'opposé, la fracture de l'os peut être franche, on parle alors de fracture ouverte. Il s'agit souvent des conséquences d'un accident. Dans un tel cas, il est nécessaire de prendre des mesures d'urgence. Cela commence tout d'abord par la désinfection de la plaie avec du savon suivie d'un rinçage abondant. On réalise ensuite un pansement. Dans la mesure du possible, il est souhaitable d'immobiliser la fracture et d'administrer des antibiotiques, car les risques d'infection sont importants. Consulter sans tarder un vétérinaire augmente les chances de guérison rapide et sans séquelles, l'idéal étant d'intervenir dans les huit heures qui suivent l'accident.

Les fractures incomplètes, dites "en bois vert", correspondent plutot à des fêlures. On les observe en général chez les jeunes chiens.

FRACTURE OUVERTE, ATTENTION DANGER!

Le cas des fractures ouvertes est très particulier. Il demande des soins préopératoires et un suivi très attentionné. On distingue trois types de fractures ouvertes selon le degré de gravité. Le type I correspond à une fracture ouverte où l'extrémité de l'os fracturé est visible, mais l'altération de la peau est assez minime. Dans le type II, les lésions de la peau son plus étendues et dans le type III, la peau est très atteinte ainsi que les muscles, les nerfs et les vaisseaux. La fracture ouverte doit être traitée immédiatement pour limiter tous les risques d'infection. Le suivi est important, car il existe souvent un traumatisme important et une perte tissulaire. Il faudra donc intervenir chirurgicalement sur la fracture puis soigner la plaie cutanée. La cicatrisation est longue.
La lésion en elle-même est étudiée grâce à une radio qui montre à quel endroit est positionnée la fracture, la proximité ou non d'une articulation ou encore la présence ou non d'esquilles (petits bouts d'os), qui rendent la réduction plus difficile. Les clichés sont toujours réalisés de face et de profil. Mais il faut également s'intéresser à l'organisme complet de l'animal. En cas de choc ou de traumatisme important, l'approche du vétérinaire sera différente. Il est fondamental de diagnostiquer une éventuelle atteinte nerveuse de l'organe. Un membre peut par exemple être fracturé en même temps que le nerf qui l'innerve est sectionné. Dans ce cas, la fracture peut être parfaitement traitée, mais le membre ne récupérera pas sa fonction. Le vétérinaire évalue ensuite les dégâts au niveau des tissus annexes : tendons, ligaments, muscles, capsules articulaires.
Il existe certains facteurs inhérents à l'animal qui interviennent sur le mode de guérison. Plus le chien est jeune, plus la réparation est facile et rapide. L'immobilisation reste donc assez courte, ce qui est indispensable pour ne pas altérer la croissance.
Les animaux lourds de par leur race ou obèses sont très défavorisés. En effet, la contention est plus dure. De même, les animaux nerveux sont également délicats à traiter.

CONDITIONS D'UNE BONNE GUERISON

Si la fracture a été parfaitement réduite, parfaitement immobilisée, et si l'intervention chirurgicale éventuelle a été pratiquée dans des conditions de stérilité complètes, avec une bonne protection des tissus avoisinants, la guérison sera rapide et bonne.
Le temps de cicatrisation complète de l'os est fonction de l'âge de l'animal : deux à trois semaines pour un animal de moins de trois mois, quatre à six semaines pour un sujet de trois à six mois, cinq à huit semaines s'il à entre six mois et un an, et de sept à douze semaines si l'animal est plus âgé. Si l'animal est déficient, il faudra prévoir une supplémentation en calcium, mais un chien normal doit pouvoir puiser dans ses réserves.


LES SITUATIONS A RISQUE

Si une fracture bien traitée doit se guérir rapidement et sans sequelles pour l'animal, il est des cas qui sont problématiques et qu'il convient de surveiller avec attention. Les fractures ouvertes présentent toujours le risque d'une infection. Les animaux agités ou obèses sont difficiles à immobiliser. Le risque d'ostéoporose se rencontre chez les sujets âgés. Enfin, dans le cas d'une longue immobilisation, on peut observer des ankyloses, de même que des blocages si l'immobilisation se fait dans une position anormale

LA RAPIDITÉ DU TRAITEMENT INFLUENCE LA GUÉRISON

En la matière, la règle est toujours d'intervenir le plus rapidement possible. L'idéal est de consulter dans les 24 heures au plus tard suivant l'accident (sauf pour les fractures ouvertes où l'urgence est absolue). Une fracture ancienne imposera toujours un traitement chirurgical qui aurait pu éventuellement être évité si le traitement avait été mis en place rapidement.
Celui-ci a lieu en trois étapes. Tout d'abord, il est nécessaire de procéder à la réduction de la fracture, c'est-à-dire de remettre les os en bonne position. Selon les cas, la réduction peut se faire manuellement ou chirurgicalement (ostéosynthèse). Le vétérinaire envisagera l'une ou l'autre des solutions selon l'importance de la fracture, sa localisation et son degré. Une radio est donc indispensable pour visualiser le membre affecté.
Le traitement dit " médical " est en général envisagé en premier lieu. Toutes les fractures incomplètes (en bois vert) qui sont proches des félures en bénéficient. Il en est de même pour les fractures sans déplacement, sauf celles situées sur l'humérus et le fémur. On exerce sous anesthésie une traction des os pour les remettre en face. Il en effet nécessaire de tirer dessus, car les muscles ont toujours tendance à faire un rapprochement des deux bouts osseux qui se retrouvent alors l'un à côté de l'autre. On est donc amené à les éloigner pour mieux les rapprocher ensuite en respectant leur axe. Sur les fractures complètes du fémur ou de l'humérus, le vétérinaire intervient chirurgicalement. Il en est de même à chaque fois que la fracture ne peut être réduite à la main pour cause de déplacement trop important, d'esquilles trop nombreuses, ou de fractures ouvertes. Plaque vissée, fixateur externe, hauhanage, cerclage sont autant de méthodes chirurgicales employées en orthopédie vétérinaire. Le traitement chirurgical des fractures est donc varié et toujours proche de la menuiserie : scie, clous et marteau sont couramment employés. L'enclouage permet la réduction d'une fracture grâce à la pose d'un clou très long appelé broche qui entre dans les deux parties de l'os et les maintient ainsi l'une en face de l'autre. La peau est ouverte, quelques muscles sectionnés pour atteindre l'os. La broche est complètement enfoncée dans la moelle osseuse (au centre de l'os) d'un des deux fragments. L'autre fragment est accolé au précédent et la broche introduite dans le second fragment. La plaque est fixée non pas au centre de l'os, mais le long de celui-ci. Les deux fragments sont accolés l'un à l'autre et une plaque de métal est apposée grâce à des vis. Une partie de la plaque est fixée sur un fragment osseux et l'autre partie sur l'autre fragment osseux. Les deux sont ainsi solidarisés. Les cerclages permettent de consolider une fixation de petites esquilles. Un morceau de métal très fin, tel un fil de fer, est entouré autour du fragment osseux. Lorsque la réduction est réalisée, il est ensuite indispensahle de maintenir les os en bonne position grâce à une contention. Pour cela, on utilise le plâtre, des résines ou des pansements très solides de type " Robert-Jones ". Ces contentions englobent toujours l'articulation au-dessous et celle au-dessus de la fracture. Lorsqu'il s'agit d'un memhre, il est toujours immobilisé en position physiologique, c'est-à-dire en position de fonctionnement (une patte arrière est immobilisée un peu fléchie et non raide). Cela permet à l'animal de se servir de son memhre. Si ces étapes ne sont pas réalisées correctement, l'animal gardera des séquelles quel que soit l'endroit de la lésion.

FAIRE SES PANSEMENTS SOI-MEME

Avant que le vétérinaire n'établisse un diagnostic et un traitement il est parfois nécessaire de réaliser une contention. Mais attention, il ne s'agit en aucun cas d'un traitement à part entière. Plusieurs techniques peuvent être envisagées.
Le pansement de Robert-Jones est utile pour assurer la contention d'un membre en cas de fracture et d'un transport éventuel avant une opération. Il permet de limiter la douleur et l'oedème qui se forment suite à la fracture et qui peuvent gêner l'opération. On le pratique dans le cas de fracture du fémur, humérus, radius, d'entorse ou de luxation. La technique est rapide : mettre une bande sur le membre sans serrer, puis successivement une épaisse couche de coton tout autour du membre (qui recouvre la bande), une bande serrée plus fort, du coton, une bande et enfin de l'élastoplaste. Le pansement est énorme, mais efficace. De plus, en serrant les couches successives, on évite de couper la circulation sanguine.
L'écharpe de la patte avant permet l'immobilisation en cas de fracture de l'omoplate ou de l'humérus avant examen. Pour la réaliser, il faut positionner la patte pliée sous le thorax, entourer avec une bande l'extrémité de la patte pour faire un appui, puis passer autour du thorax sans serrer. L'ensemble est fixé avec de l'elastoplaste.
L'echarpe de la patte arrière se réalise selon le même principe, mais la patte est repliée sous l'abdomen.
Enfin, il est possible de réaliser une attelle avec deux morceaux de bois bien droits ou un morceau de carton rigide. Il faut déposer le membre dessus et entourer d'une bande et de coton aux extrémités sans serrer.




SOYEZ PREVOYANT !

Lorsque l'on pratique une activité " à risque ", telle que l'agility, la chasse, la course ou les entraînements sportifs, il peut s'avérer utile d'être équipé pour intervenir en cas d'urgence. la trousse à pharmacie idéale comprend une attelle (en vente dans les pharmacies) qui permet de réaliser une contention rapide, une bande velpeau et de l'élastoplaste, des compresses, du savon et de la bétadine.




 

CHIOTS OU VIEUX CHIENS: DES RISQUES SUPPLÉMENTAIRES

Lors de fracture sur un chiot ou un animal âgé, il faudra toujours suspecter une déficience osseuse. En effet, le métabolisme du calcium est fondamental. Il faut toujours s'interroger sur l'éventualité d'un apport de calcium insuffisant chez le chiot, de l'existence d'ostéoporose chez l'adulte. Car s'il est vrai que l'os est en perpétuel remaniement et que les nombreux échanges de calcium permettent la reconstitution des cellules osseuses et la consolidation des fractures, certaines anomalies de fixation du calcium peuvent fragiliser les structures osseuses. C'est le cas de certaines pathologies du chiot en croissance ou dues à la vieillesse. Dans ces deux situations, il faudra toujours faire un bilan sanguin pour évaluer la calcémie et surtout le bon fonctionnement des échanges calciques. Ceux-ci sont dépendants de certaines hormones (parathyroïde). L'apport en calcium est fondamental pour un hon équilibre osseux, mais il ne faut pas négliger l'importance de la vitamine D. Ce n'est qu'en sa présence que le calcium se fixera correctement.

Si votre chien pratique une activité " à risques", telle que l'agility, la chasse, la course ou les entraînements sportifs, il est judicieux d'avoir sur vous une trousse de premiers secours.

GARE AUX COMPLICATIONS

La maladie fracturaire est une des suites malheureuses d'un traitement. C'est une complication qui entraîne une destruction de l'os, des tissus voisins, des ongles, de la peau et du cartilage et une raideur des articulations. Il faut savoir qu'après une fracture, il est obligatoire de procéder à une immobilisation et empêcher les mouvements du membre concerné. Mais en contrepartie, on voit parfois apparaître cette affection qui se traduit, après enlèvement du système de contention, par une boiterie ou une réduction des mouvements du membre qui a subi la fracture. Les muscles concernés sont très peu développés. Les chiens en période de croissance sont plus exposés à ce risque, car plus sensibles à une immobilisation prolongée. Le chirurgien vous conseillera pour la rééducation. Les infections de l'os ou ostéomyélites ont des conséquences catastrophiques et peuvent entraîner l'amputation. Si une odeur désagréable est ressentie proche du pansement ou si l'animal semble amorphe, il faut immédiatement consulter. Dans tous les cas, l'animal doit pouvoir se déplacer parfaitement avec un plâtre.

ASSISTER LA CONVALESCENCE

D'une manière plus générale, il convient de rappeler que le propriétaire de l'animal joue un rôle dans la réussite de la guérison. Il doit, dans les premiers jours qui suivent la réduction, vérifier que le memhre ne grossit pas. Cela signifierait que le pansement entrave la circulation sanguine et il faudrait le desserrer ou pratiquer une petite ouverture dans un plâtre. Il faut également vérifier la présence d'éventuelles blessures aux extrémités du plâtre, dues aux frottements contre la peau. Il convient alors de réaliser un rembourrage avec du coton. L'animal, en cas d'intervention chirurgicale, doit remanger rapidement et se déplacer. Lors de la convalescence, il est important de contrôler la température du chien, la fièvre pouvant traduire l'existence d'une infection. Le maître doit également contenir son animal. S'il est trop remuant, des calmants seront administrés. Au bout du temps d'immobilisation indiqué par le thérapeute, une radio de contrôle sera effectuée.

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