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LA LACTATION "NERVEUSE" Un phénomène de meute qui touche surtout les chiennes de particuliers |
| On ne cesse de le répéter: le chien descend du loup et, de ce fait, est soumis à un comportement social très élaboré et régi en grande partie par les relations entre individus existant au sein de la meute. Les éleveurs se rendent compte au quotidien de la probable véracité de cette affirmation car les phénomènes de meute sont courants chez nos compagnons à quatre pattes en élevage. |
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PHENOMENES DE MEUTE Prenons l'exemple des chaleurs "synchronisées". Dans un lot de chiennes, l'une d'entre elles va entrer en chaleurs. Dans les jours qui suivent, et particulièrement si la première chienne est une dominante, plusieurs femelles du groupe vont aussi présenter leurs "feux" même si certaines chiennes n'étaient pas, en fonction de leur cyclicité habituelle, supposées entrer en chaleurs à cette période. Ce phénomène de meute, comme beaucoup d'autres du même genre, est probablement lié à des échanges de signaux sociaux ou olfactifs (phéromones) de nature inconnue et en tous les cas indéchiffrables pour nous autres humains. De ce fait les éleveurs se trouvent malheureusement avec toutes les portées de chiots aux mêmes moments de l'année alors qu'il y a de vastes périodes de temps pendant lesquelles ils n'ont aucun chiot à vendre. Et, pour le moment, les chercheurs n'ont pas beaucoup de solutions à proposer. LACTATION NERVEUSE La lactation
"nerveuse" est, selon de nombreux spécialistes du comportement, une de
ces manifestations de phénomène de meute. PAS TOUJOURS UNE MALADIE En général,
les manifestations de grossesse chez des chiennes qui ne sont pas gestantes
cessent spontanément en une à trois semaines. Lorsqu'une lactation nerveuse,
qui en fait le dernier stade de la grossesse nerveuse, s'installe, on
observe au début la sécrétion d'un liquide brunâtre et peu abondant, qui
peut donner suite à une véritable production de lait. UN PEU D'ETHOLOGIE Pour expliquer l'apparition de ce phénomène chez certaines chiennes et pas chez d'autres, certains chercheurs ont proposé une interprétation basée sur l'étude du comportement du loup ou de ce qu'on observe chez les chiens sauvages (lycaons, dingos). Dans une meute, on observe ainsi que les femelles dominantes empêchent l'accouplement des femelles de rang immédiatement inférieur. Alors que les chiennes très dominées, en bas de l'échelle sociale, n'ont souvent même pas de chaleurs, les chiennes de catégorie moyenne présentent des chaleurs synchronisées dont nous avons parlé plus haut, suivant celles des dominantes, et ont en conséquence environ deux mois plus tard du lait, par un phénomène de lacta-tion nerveuse. Elles vont ainsi pouvoir nourrir les chiots des dominantes, c'est-à-dire les chiots de la collectivité. Dans les élevages, du reste, des chiennes en lactation de pseudogestation peuvent très bien, et sans inconvénient pour leur santé, nourrir et élever les chiots d'une autre chienne. TRAITEMENT OU NON? Cette affection
est sans conséquences sur la santé de la chienne. On la traite en général
lorsque la lactation persiste durant plusieurs semaines souvent entretenue
par le léchage des mamelles par la chienne elle-même. Ce phénomène peut
devenir gênant et agaçant pour le propriétaire et surtout fatiguer la
chienne qui passe son temps à se lécher et à s'occuper de son nid, mange
peu, produit du lait, et parfois maigrit. Ceci étant dit, la lactation
nerveuse ne prédispose pas, comme on le dit trop souvent, à l'apparition
de tumeurs de la mamelle. Elle ne dégénère qu'extrêmement rarement en
complication infectieuse de type mammite. Le psychisme des chiennes, s'il
est modifié au moment de la pseudogestation, retrouve son état sain et
normal par la suite, sans séquelles. En revanche, on sait que les chiennes
qui font des grossesses nerveuses ont tendance à en refaire, parfois même
à chaque période de chaleurs, ce qui devient lassant pour le propriétaire. TRAITEMENTS Comment faire
cesser une lactation nerveuse ou non devenue trop gênante ou prolongée
? De nombreux traitements médicaux ont été mis au point. Les plus efficaces
et les moins nocifs sont à base de substances dites antiprolactines, c'est-à-dire
inhibant la sécrétion de la prolactine dont nous avons parlé plus haut.
N'hésitez pas à consulter votre vétérinaire. MOYENS NON MEDICAMENTEUX Dans des
cas modérés, le recours à une telle thérapeutique n'est souvent pas nécessaire
même si elle accélère la guérison. Des "petits moyens" sont souvent aussi
efficaces. Il est en tous cas impératif, si votre chienne fait une lactation
nerveuse, d'appliquer certaines règles d'hygiène. Le principe est de créer
un choc psychologique qui arrête la montée de lait. Il faut ainsi : PREVENTION Bien entendu, si on est gêné par de trop fréquentes grossesses ou lactations nerveuses, le mieux est de songer à faire retirer les ovaires de la chienne. En élevage, il vaut mieux qu'une femelle reproductrice fasse régulièrement des lactations plutôt que de lui faire supprimer artificiellement ses chaleurs avec des injections de progestagènes, substances pouvant induire des infertilités chez les chiennes traitées, ainsi que d'autres troubles de la reproduction (pyomètres ou tumeurs mammaires). |
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