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LES TUMEURS CUTANEES DU CHIEN
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| Les tumeurs cutanées sont malignes ou bénignes. Ce sont les types tumoraux les plus souvent rencontrés chez le chien. Plus l'intervention est précoce, plus le pronostic sera favorable. | |
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Les tumeurs cutanées représentent une part non négligeable de la dermatologie vétérinaire, par leur fréquence et surtout par leur importance au plan médical, puisqu'elles peuvent mettre en jeu le pronostic vital de l'animal. La peau est un organe très diversifié, constitué de multiples types cellulaires, et de nombreuses tumeurs peuvent y être rencontrées. Cet article, après avoir établi des données d'ordre général sur la cancérologie cutanée, se propose de décrire quelques tumeurs de la peau rencontrées fréquemment chez le chien. Il ne s'agit, bien évidemment, pas d'être exhaustif, mais de familiariser le lecteur avec cette discipline. GENERALITES Une tumeur
ou néoplasie est constituée par la prolifération de plusieurs clones de
cellules qui bénéficient d'une autonomie biologique, c'est à dire qui
ont tendance à proliférer sans se soumettre aux facteurs habituels de
régulation de l'organisme. Il faut donc différencier la tumeur d'un certain
nombre de processus qui ne relèvent pas du même mécanisme, mais qui peuvent,
cliniquement, lui ressembler : néoformations inflammatoires, kystes, hématomes,
naevis, kératoses... A ce stade, une notion importante à retenir est la
distinction fondamentale entre une tumeur bénigne et une tumeur maligne.
Une tumeur bénigne est une tumeur qui ne présente pas d'agressivité locale
ni générale, alors qu'une tumeur maligne se comporte agressivement, a
tendance à la récidive après une exérèse chirurgicale, à l'envahissement
des tissus voisins et provoque des métastases, c'est à dire l'éclosion
de tumeurs secondaires, développées à distance, et autonomes. On parle
alors de cancer. Ces données (bénignité/malignité) sont avant tout des
données cliniques et microscopiques, et ne doivent pas être confondues
avec la notion d'innocuité qui est une donnée pronostique : certaines
tumeurs, apparemment " bénignes " se comportent en fait agressivement,
et d'autres "malignes " ne provoquent que rarement la mort de l'animal.
Certaines tumeurs même " bénignes " peuvent être présentes en grand nombre
et/ou très disgracieuses d'un point de vue esthétique...
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ETUDE SPECIALE Le propos de cette partie n'est pas d'être exhaustif, mais d'exposer brièvement les types tumoraux les plus fréquemment rencontrés dans la peau du chien, ou ceux qui peuvent prendre un aspect peu typique mais qui doivent constituer des signes d'appel de cancer cutané. LES MASTOCYTOMES Il s'agit
des tumeurs cutanées les plus fréquentes chez le chien, qui représenteraient
selon les études épidémiologiques entre 9 et 21 % de tous les types tumoraux
cutanés. La cellule d'origine est le mastocyte. C'est une cellule habituellement
rencontrée en faible nombre autour des vaisseaux de la peau, et qui assure
un rôle de surveillance immunologique. Certaines races sont prédisposées
au mastocytome de la peau : principalement le Boxer, qui à lui seul constitue
près de 20 % de tous les cas décrits. Il sera donc toujours important
dans cette race de suspecter un mastocytome en cas d'apparition d'une
masse cutanée. D'autres races sont fréquemment atteintes : en particulier
les Labrador Retriever et les Terriers. |
Photo 1 : Volumineux mastocytome ulcéré sur la face latérale de l'épaule chez un Boxer.
Photo 2 : Aspect très infiltrant et ulcéré d'un mastocytome d'un membre chez un colley. |
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LE CARCINOME EPIDERMOIDE Cette tumeur est plus rare, mais est relativement caractéristique car elle survient suite à des expositions prolongées au soleil, dans des localisations particulières comme les pavillons auriculaires ou d'autres zones peu velues. Une caractéristique est la rapide évolution vers des lésions très ulcératives et térébrantes, qui lui donnent un aspect inquiétant (photo n°3). Cette tumeur est le plus souvent agressive localement, et a tendance à récidiver après la chirurgie, mais ne donne que rarement des métastases. Une forme particulière mérite d'être reconnue chez les chiens à robe noire. Il s'agit alors de lésions localisées au niveau des extrémités digitées, souvent pigmentées, qui sont très agressives, envahissent les tissus sous-jacents, y compris la phalange osseuse, et peuvent métastaser sur d'autres pattes. Ces localisations aux doigts sont très péjoratives et doitvent impérativement faire l'objet d'un diagnostic précoce et d'un traitement très agressif : amputation du doigt, ivoire du membre en entier lorsque la dissémination a commencé. La radio-thérapie est également indiquée. |
Photo 3 : Carcinome épidermoïde sur la partie distale du fourreau chez un Beauceron. |
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PAPI LLOMES Il existe
deux formes de papillomes chez le chien. La forme du jeune est d'origine
virale, souvent multiple, et se localise au niveau de la peau et des muqueuses
(bouche, oeil) (photo n°4).
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Photo 4 : Papillomes multiples dans la cavite buccale dun jeune Dogue Allemand |
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CIRCUMANALOMES Ces tumeurs sont localisées au pourtour de l'anus chez le chien, puisqu'elles dérivent des glandes circumanales, qui sont des glandes sébacées modifiées. Leur apparition est d'origine hormonale, associée à une hypersécrétion d'androgènes, hormones mâles. Elles sont donc principalement rencontrées chez le chien mâle, et sont de bon pronostic dans l'ensemble. Leur traitement est parfois délicat lorsqu'elles sont situées très près de l'anus, rendant leur accès chirurgical difficile (photo n°5). Il faudra alors avoir recours à des techniques particulières comme la cryochirurgie. La castration des animaux atteints est indispensable sous peine de voir apparaître des récidives. Parfois des traitements hormonaux peuvent être utilisés en remplacement.
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Photo 5 : Volumineux circumanalomes chez un chien Caniche. |
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HISTIOCYTOME Cette tumeur est extrêmement fréquente chez le jeune chien. Elle est très typique car elle apparaît sous la forme d'un nodule de faible diamètre, rouge, sans poil et parfois ulcéré, siégeant préférentiellement sur la face et les extrémités (photo n°6). Microscopiquement, il s'agit d'une tumeur extrêmement agressive avec tous les caractères de la malignité, mais en fait, cliniquement, il s'agit d'une tumeur bénigne qui évolue spontanément vers la régression sans traitement. LIPOME Il s'agit d'une tumeur relativement fréquente, que l'on retrouve préférentiellement chez des femelles agées. Elle est relativement caractéristique, car elle apparaît sous la forme d'une masse localisée sur le thorax, de consistance molle et fluctuante, d'évolution lente. La ponction et l'examen au microscope permettent assez aisément d'en faire le diagnostic et une exérèse chirurgicale est dans la majorité des cas suffisante dans le cadre du traitement. L'obésité est un facteur prédisposant et il est important de mettre en place un régime hypocalorique afin d'éviter les récidives. |
Photo 6 : Histiocytome localisé sur la paupière chez une chienne Korthals. |
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MYCOSIS FONGOIDE Il s'agit d'une tumeur particulière, due à la multiplication de cellules du système immunitaire (les lymphocytes) dans la peau. On en distingue plusieurs types en fonction de la localisation dans la peau. En tout état de cause, la tumeur est très agressive. La clinique est particulière, avec une phase de début peu évocatrice qui se manifeste par des démangeaisons et des rougeurs localisées ou généralisées de la peau. Après plusieurs semaines à plusieurs mois d'évolution, peuvent apparaître des plaques, des nodules ou des ulcérations cutanées, qui sont plus significatives. Malheureusement, cette tumeur a une tendance marquée aux métastases, dans tous les organes lymphoïdes (rate, foie, moelle osseuse...) et provoque rapidement la mort de l'animal si un traitement n'est pas mis en place. Ce dernier doit être très interventionniste : corticoides, chimiothérapie... CARCINOMATOSE MAMMAIRE Heureusement relativement rare, il s'agit d'un des types tumoraux les plus malins rencontrés au niveau cutané. En fait, ce sont des métastases cutanées de tumeurs mammaires. Les cellules cancéreuses issues d'une tumeur mammaire s'infiltrent par les vaisseaux lymphatiques, qu'elles pénètrent, et détruisent. Elles ont alors rapidement tendance à la destruction locale et à l'envahissement des tissus cutanés sous-jacents. On voit apparaître des lésions importantes, situées le plus souvent au niveau des espaces inguinaux ou des ars. Rougeurs, plaques, nodules, lésions de type cellulite (ulcères, fistules, peau épaissie) sont rencontrés... La biopsie cutanée est catastrophique, montrant des emboles de cellules cancéreuses un peu partout dans la peau. Aucun traitement n'est efficace, et l'euthanasie est le plus souvent nécessaire. CONCLUSION Un grand nombre de tumeurs peut être rencontré au niveau cutané, depuis le plus bénin jusqu'au plus malin. Il faudra donc être attentif au développement de lésions évocatrices, principalement sous la forme de nodules, plus ou moins ulcérés, en relief, qui devront chez un animal âgé faire consulter rapidement, afin d'établir la réalité du phénomène tumoral, apprécier précisément son type, et les risques inhérents : plus le diagnostic sera précoce, meilleures seront les chances de succès thérapeutique et la survie de l'animal. |
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