Les principales maladies liées au vieillissement

 

La fontaine de jouvence n'existe pas, mais nous pouvons conserver longtemps nos compagnons en bonne forme. Il est important de connaître les grands syndromes qui accompagnent le vieillissement afin de les combattre.

L'espérance de vie des chiens a considérablement augmenté depuis plusieurs décennies en raison d'une intensffication de la vaccination et d'une meilleure adaptation des régimes alimentaires.
Ceci n'empêche pas cependant l'apparition de pathologies de la sénescence. La peau est un site privilégié pour le développement de cancers 20 à 30 % des tumeurs cutanées sont malignes. On les définit par leur type histologique, c'est-à-dire par l'aspect qu'elles présentent à l'examen microscopique. Les plus courantes sont les suivantes :
* Les Mastocytomes (composées de mastocytes, des cellules impliquées dans les réactions allergiques). Les Boxers, Schnauzers, Beagles, Labrador, Boston Terriers sont prédisposés aux mastocytomes.
* Les Histiocytomes (composées d'histiocytes, des cellules impliquées dans l'inflammation) sont plutôt des tumeurs du jeune chien et sont généralement bénins. * Les Carcinomes épidermoides (composés de cellules de l'épiderme) présentent une forte malignité et frappent plus volontiers les animaux peu pigmentés tels que le Dalmatien, le Beagle, le Whippet, le Bul Terrier. Il semble que les radiations solaires aient un rôle décisif dans le déclenchement de ces tumeurs. Un bon moyen de prévention est donc d'éviter les expositions excessives. Une forme particulière de ces tumeurs atteint la base de l'ongle, on la rencontre surtout chez les chiens noirs de grand format.
* Les Mélanomes (composés de mélanocytes, des cellules produisant la mélanine, responsable de la pigmentation). En dehors de toutes ces tumeurs cutanées, de nombreux cancers peuvent se développer dans certains organes.Les tumeurs cérébrales sont ainsi relativement fréquentes dans l'espèce canine.
Certains cancers concernent des cellules appelées lymphocytes : on parle de lymphomes, qui représentent 7 à 24 % de l'ensemble des néoplasmes selon les races. Les Bullmastiffs, Scottish Terriers et Rottweilers sont particulièrement à risque, de même que le Boxer, le Basset Hound, le Saint-Bernard, l'Airedale et le Bulldog Anglais.

Les prédispositions genétiques

L'ostéosarcome, ou cancer des os, est l'apanage des chiens de très grand format. C'est ici plus la taille que la race qui fait la prédisposition car des facteurs mécaniques semblent présider au développement de ces tumeurs au très mauvais pronostic. Cependant, certains auteurs pensent qu'il existe une prédisposition génétique chez le Saint-Bernard, le Dogue Allemand, le Setter Irlandais, le Dobermann, le Berger Allemand et le Golden Retriever.
Bien entendu, il nous faut parler des prédispositions de sexe, puisque les tumeurs mammaires sont de loin les plus fréquentes. On sait aujourd'hui qu'une stérilisation avant les premières chaleurs réduit le risque à néant. Pour ces tumeurs, les études épidémiologiques ont également montré des prédispositions raciales chez les Caniche, English Springer Spaniel, Epagneul Breton, Setter Anglais, Pointer Fox terrier Boston Terrier et Cocker Spaniel.

Chacun son cancer...

Les mâles développent des cancers du testicule. Notons à ce propos que la cryptorchidie (testicules non descendus dans le scrotum) augmente le risque de tumorisation de 13,6. Sous influence des hormones mâles également, les tumeurs des glandes anales, généralement bénignes mais difficiles à enlever atteindraient plus volontiers les Samoyèdes, Cocker Spaniels, Beagles et Bulldogs Anglais.
Terminons cette revue par les cancers de la sphère bucco-pharyngée (6 % des cancers) et des voies nasales (1 %) pour lesquelles les races à long nez sont prédisposées.
Fort heureusement, des options thérapeutiques de plus en plus nombreuses sont aujourd'hui disponibles : chirurgie, chimiothérapie et même radiothérapie. La cancérologie vétérinaire suit avec un temps de retard les progrès de son homologue humaine et, même si la bataille contre le "crabe" est loin d'être gagnée, le diagnostic de cancer ne tombe plus comme un couperet. Répétons ici comme le disait un grand patron qu'on "ne reste pas avec une boule". Toute grosseur aussi petite soit-elle doit faire l'objet d'une exérèse et d'une analyse.

Arthrite et arthrose

Le vieux chien, s'il échappe au cancer souffrira presque toujours de pathologies articulaires dégénératives. La pathogénie de l'arthrose est complexe elle fait intervenir des facteurs génétiques, environnementaux, alimentaires. Sous le vocable arthrite, on regroupe un grand nombre d'affections telles que la dysplasie de la hanche, les ostéochondroses... Certaines d'entre elles peuvent bénéficier d'un traitement chirurgical mais, dans le domaine dégénératif, qui est celui du vieux chien, les solutions médicales prédominent. Parmi celles-ci l'emploi des anti-inflammatoires non stéroidiens (AINS) vient en première ligne. Les AINS sont en réalité des médicaments de la famille de notre bonne vieille aspirine. Cependant, les progrès de la pharmacologie ont abouti à la mise au point de molécules mieux supportées notamment au niveau gastro-intestinal (ces produits peuvent avoir des effets ulcérogènes) et pouvant être utilisés au long cours.
Certaines substances, par ailleurs, ont des effets bénéfiques sur le cartilage articulaire. Il en va ainsi des glycosaminoglycannes, de la glucosamine et de la chondroïtine qui s'ils ne sont pas la panacée, peuvent retarder l'évolution des lésions. Des fabricants d'aliments envisagent d'introduire ces substances dans la formule de produits spécifiques au troisième âge canin.

LES GRANDS CLASSIQUES DU VIEILLISSEMENT

Diabète

Le diabète est une affection fréquente chez le vieux chien. On en distingue deux formes, la seconde étant fréquemment liée à l'obésité. Des régimes spécifiques au chien diabétique sont actuellement sur le marché. Il arrive que l'administration d'insuline devienne nécessaire, ce traitement requérant une certaine discipline de la part du maître, en collaboration avec le vétérinaire.

Foie et reins

Un "check-up" biologique simple permet chez le vieux chien de déceler les prémices d'une insuffisance rénale ou hépatique. Ici encore, des régimes spécifiques existent pour ces animaux. En ce qui concerne l'insuffisance rénale, on a longtemps cru qu'une réduction drastique du taux de protéines de la ration était nécessaire. Cette conception venait d'études menées sur le rat et ne s'appliquant pas au chien. Bien au contraire, chez le chien âgé non encore atteint d'une insuffisance rénale, mieux vaut augmenter le taux de protéines (d'excellente qualité). Ce n'est que lorsque la fonction rénale est réellement atteinte qu'une réduction modérée peut s'avérer nécessaire.

Le syndrome de Cushing

Cette affection entraîne une hyper-production de cortisol, qui a les mêmes effets que la cortisone. Elle peut être due à une tumeur de l'hypophyse (une minuscule glande située dans le cerveau qui contrôle l'activité des surrénales) ou des glandes surrénales (de petites formations qui coiffent les reins). Les femelles sont trois fois plus sujettes que les mâles aux tumeurs surrénaliennes, et certaines races sont plus frappées que d'autres : Caniche, Boxer, Boston Terrier, Teckel, Beagle.

La maladie se traduit par des pertes de poil, un abdomen pendulaire, une hypertension, une baisse des défenses immunitaires. La chirurgie est rarement indiquée, sauf pour des tumeurs surrénaliennes unilatérales et volumineuses. Il existe un traitement (OP'DDD) qui permet de maintenir les animaux en relative bonne forme.

Maladies cardiaques

Le chien n'échappe pas plus que l'homme aux affections cardio-vasculaires. Il développe des insuffisances valvulaires, des cardio-myopathies dilatées. Ces dernières correspondent à un amincissement de la paroi des ventricules cardiaques, et à une augmentation de la taille des cavités. Plusieurs médicaments ont été récemment mis sur le marché: on les appelle IECA (inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine) et permettent de maintenir plus longtemps une fonction cardiaque compatible avec une vie normale. Notons que certaines races sont prédisposées aux cardiomyopathies dilatées : chiens de grand format en général, English Cocker Spaniel, Bull Terrier, Bulklog Anglais.

La peau et les dents

Avec l'âge, l'incidence de la maladie parodontale augmente sensiblement: il est nécessaire d'habituer le chien dès son plus jeune âge à ce qu'on lui brosse les dents. Chez les animaux âgés, des détartrages réguliers s'imposent dans la mesure ou l'accumulation de tartre peut gêner la prise alimentaire et favoriser la pullulation de bactéries qui peuvent s'emboliser jusqu'au coeur ou au rein. La peau enfin s'amincit, elle résiste moins bien aux infections, elle peut développer différents états kératoséborrhéiques. Des shampooings bien adaptés sont en vente chez les vétérinaires.

Comportement

La sénilité s'accompagne parfois de modifications comportementales : le chien perd ses apprentissages, lui qui était propre devient sale, il se perd dans la maison, déambule la nuit. On parle de dépression d'involution. Cette maladie elle aussi se soigne et la sélégiline (SELGIAN ND) trouve ici une indication intéressante. En dernier lieu, pour combattre les effets du vieillissement, un laboratoire a récemment mis sur le marché une molécule qui n'est même pas encore disponible chez l'homme, la propentophylline (KARSIVAN ND). Ce gériatrique "multisite" agit à différents niveaux et permet de maintenir en forme plus longtemps nos vieux compagnons. Bien entendu, le moment de la séparation arrivera un jour. Mais les progrès de la médecine vétérinaire permettent aujourd'hui d'ajouter quantité et qualité à la vie de nos chiens.

 

CANCERS DU CHIEN ET MAITRES FUMEURS

Une récente publication parue dans American Journal of Epidemiology montre (ce qu'on savait déjà) que les chiens pourvus d'un long nez sont plus sujets aux cancers des voies nasales. 103 chiens atteints de cancer et 378 chiens témoins ont été examinés. La nouveauté vient du fait qu'un chien au nez long, vivant avec un maître fumeur, a deux fois plus de chances de contracter un cancer qu'un animal vivant avec un non fumeur. Une raison de plus d'arrêter le tabac...

La fréquence des tumeurs

Les cancers sont évidemment plus fréquents chez les chiens âgés. Une étude suédoise menée en 1997 sur 222 000 chiens indique que le taux de mortalité par cancer est de 18,6%. On distingue des races à risque.

Mortalité par cancers selon les races

Boxer 36,9 %
Schnauzer Géant 36,9 %
Bouvier Bernois 32,7 %
lrish Wolfhound 24,8 %
Cocker Spaniel 22,2 %
Dobermann 22,2 %
Loulou Pomeranie 19 %
Terre-Neuve 16,8 %
Berger Allemand 14,8 %
Saint-Bernard 13,1 %
Dogue Allemand 12,3 %
Greyhound 12,3 %

Les races de grand format vieillissent proportionnellement plus vite.

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