Insectes et acariens
Comment protéger nos chiens ?

Les acariens et les insectes sont des parasites externes fréquents surtout en été. Un grand nombre d'entre eux étant transmissibles à l'bomme, nous vous proposons de faire le point sur les parasitoses qu'ils peuvent engendrer
ormis les champignons, les parasites externes du chien sont les acariens et les insectes. Tiques, aoûtats, cheyletielles, agents de la gale du corps et demodex sont des acariens. Ces petits arthropodes qui mesurent au plus quelques centimètres sont des parasites du chien souvent transmissibles à l'homme. Les puces et les poux sont des insectes. De par leur capacité de reproduction et, pour la plupart, leur résistance au milieu extérieur, il est impossible de les éradiquer. Alors mieux vaut bien les connaître pour mieux les éviter ou les traiter.

La gale, vieille comme l'humanité

L'agent de la gale sarcoptique du chien est un acarien microscopique qui vit à la surface de la peau ou dans des refuges creusés dans la cornée. Il se nourrit de débris de l'épiderme ou de sécrétions de la peau. Cette gale affecte les chiens de tout âge et de toute race. Ce parasite se localise de préférence soit au niveau des oreilles, où l'on observe alors des croûtes sableuses, soit au niveau des coudes, de l'abdomen et des jarrets sous la forme de boutons de gale, sorte de papules recouvertes d'une croûte. Dans un deuxième temps apparaissent des dépilations sur une peau grasse ou infectée qui peuvent s'étendre sur tout le corps du chien. Les démangeaisons ont pour conséquence des lésions de grattage. Les agents de la gale peuvent vivre hors du chien entre un jour et trois semaines surtout si les températures sont basses. Il est donc préférable de chauffer les pièces pouvant être contaminées. La contagion entre chiens est observée dans près de 50 % des cas, il faut donc traiter tous les chiens vivant sous le même toit ou dans le même élevage même s'ils ne présentent pas de signes cliniques. L'otacariose ou gale auriculaire est une parasitose très fréquente chez le jeune animal. Elle est contagieuse entre chats, entre chiens, et entre ces deux espèces. Le conduit auditif héberge alors un cérumen brun inodore contrairement aux otites dues au champignon Malassezia. Ce type d'otite provoque des démangeaisons incessantes qui amènent le chien à se gratter fréquemment et facilitent la dissémination de l'acarien sur tout le corps de l'animal. Elle est contagieuse pour l'homme qui présente alors des petits boutons sur le bras et le tronc, causant de vives démangeaisons.


PROTEGER SON CHIEN, C'EST SE PROTEGER
La présence d'acariens chez l'animal peut présenter un risque de contagion pour l'homme. La gale du corps du chien est notamment à l'origine de prurigo galeux. Les aoûtats provoquent des démangeaisons fort désagréables. Des pustules ou des boutons sont le résultat d'une contamination par l'agent de la gale auriculaire ou des cheylétielles. Si les puces peuvent piquer l'homme sans autre conséquence, il n'en est pas de même pour les tiques. Celles-ci transmettent des maladies assez graves. La plus fréquente est la maladie de Lyme, mais il en existe d'autres comme l'ehrlichiose.

 

Les tiques mordent, les aoûtats démangent

Les tiques agissent par morsure. Trois espèces de tiques sont principalement observées sur les chiens. Dermacentor reticulatus, la plus courante, est vecteur de la piroplasmose ou babésiose. Les adultes peuvent mesurer jusqu'à un centimètre. Elles se trouvent en extérieur dans les jardins et les bois. Rhipicephalus sanguineus, appelée aussi tique de chenil, est fréquente dans le sud de la France. En effet, elle réside de préférence dans les habitations, les cours, les box ou les chenils. Elle peut transmettre chez le chien et chez l'homme une maladie appelée l'ehrlichiose. La dernière espèce, Ixodes ricinus, se trouve dans les zones boisées. Elle est à l'origine de la maladie de Lyme également transmissible à l'homme. Quelles que soient les espèces, elles vont de préférence se fixer à des endroits où la peau est fine comme le pavillon auriculaire ou le scrotum. Les aoûtats vont parasiter le chien de préférence en été. Ils s'agglutinent sur sa peau et forment une sorte de poudre orange visible à l'œil nu. On les rencontre de préférence au niveau des extrémités dans les espaces interdigités, sur l'oreille et les paupières. Comme chez l'homme, ils ne provoquent pas de lésions majeures, mais de fortes irritations avec des plaies traumatiques secondaires et une gêne importante pour le chien. Une parasitose externe beaucoup moins connue est la cheyletiellose due à des acariens visibles à l'oeil nu et mesurant un demi-centimètre. Ils passent très facilement d'un animal à l'autre par contact direct ou par le milieu extérieur. Cette maladie est très contagieuse entre animaux principalement chez les jeunes mais également pour l'homme. Chez le chien, elle se manifeste par des pellicules et des dépilations au niveau de la tête et de la région dorsolombaire.

TRAITER LES ACARIENS, PAS SI SIMPLE
Si l'on arrive à protéger efficacement contre les tiques de manière préventive, le traitement de la démodécie, surtout si elle est généralisée, est un travail de longue haleine. Quand à la gale, elle peut désormais être traitée par l'application unique, sur la peau du cou de l'animal, d'un produit antiparasitaire contenu dans une pipette. Cela évite ainsi des bains répétés et fastidieux pour le propriétaire et le chien. Pour prévenir et traiter les infestations, on dispose aujourd'hui d'un arsenal thérapeutique très varié et efficace : sprays, poudres, pipettes, colliers ou par voie orale. Seul impératif : respecter l'observance c'est-à-dire le rythme d'administration préconisé par le laboratoire. Dans tous les cas il est recommandé de demander conseil à votre vétérinaire avant d'utiliser un antiparasitaire, afin d'éviter de possibles intoxications ou intolérances. Des précautions accrues doivent être prisent chez les jeunes chiots et les femelles gestantes. En effet certains produits peuvent être toxiques pour le fœtus ou le jeune animal.

 

La démodécie canine, un fléau chez le jeune

La démodécie canine est une dermatose parasitaire qui résulte de la prolifération excessive de Demodex canis. Cet acarien se trouve sur la peau du chien, dans les follicules pileux et parfois dans les glandes sébacées et sudoripares. Elle affecte plus spécialement les chiots. Cette forme juvénile touche principalement certaines races comme le bobtail, le boxer, le shar-pei, le berger allemand, le dalmatien, le teckel ou le beagle. Les parasites sont transmis de la mère à son chiot dans les trois jours qui suivent la naissance. Chez les adultes, il faut rechercher une cause sous-jacente favorisante comme un trouble hormonal. La plupart des chiens ne manifestent aucun signe clinique. Seuls certains présentent des symptômes. La forme localisée se manifeste par des dépilations, des rougeurs et des pellicules. Typiquement, elle affecte la tête, les babines et les yeux. Les formes généralisées sont beaucoup plus graves. Elles se compliquent souvent d'une pyodermite, soit une infection de la peau.


Les puces progressent, les poux régressent

Ce sont les puces adultes qui parasitent de préférence le chien, les larves étant surtout présentes dans le milieu extérieur. Les infestations de puces, ou pullicoses, n'entraînent pas ou peu de démangeaisons, excepté dans le cas où elles sont à l'origine d'une réaction allergique appelée dermatite par allergie à la piqûre de puces (DAPP). Dans ce cas, il ne suffit pas seulement de traiter les puces sur l'animal, il faut également traiter l'environnement pour éviter tout contact avec une puce. En effet, il suffira d'une seule piqûre pour déclencher l'allergie. Rappelons que l'ingestion de puces par le chien peut être à l'origine d'une parasitose intestinale secondaire. Il faut alors non seulement traiter les puces, mais trois semaines après avoir éliminé les puces administrer un vermifuge au chien. Les poux piqueurs sont à l'origine chez le chien d'une phtiriose. Elle est devenue rare de nos jours, excepté sur les chiens débilités et mal nourris, surtout en hiver. Elle n'est pas transmissible à l'homme. Leur éradication partielle vient en partie du fait qu'ils sont très sensibles à tous les insecticides utilisés.

 

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