LA DOULEUR

Silence, on souffre !

 

" Comment puis-je savoir si mon chien a mal ? ", " Êtes-vous sûr qu'il ne va pas souffrir ? " font partie des questions les plus fréquemment posées aux vétérinaires. Si le chien ne peut manifester sa douleur par la parole, certains indices permettent toutefois de la deviner et de l'évaluer de manière à peu près satisfaisante. Savoir reconnaître ces signes est un impératif qui nous aide à mieux la combattre.

 


On a longtemps douté que les animaux puissent éprouver de la douleur. Ils se plaignent peu ou pas, et il nous est donc difficile d'évaluer ce qu'ils ressentent. Cependant, certains changements de comportement peuvent nous la laisser deviner. On a démontré que les animaux ressentent la douleur d'une façon très semblable à la nôtre. Ils ne peuvent pas nous en parler, mais ils l'expriment par différentes manifestations qui sont relativement frustes par rapport à celles de l'homme. Ainsi, on sait que les maux de tête ne sont pas exprimés par le chien. Certains comportements, un langage corporel particulier ou des signes cliniques peuvent être symptomatiques de la douleur. Toutefois, la socialisation du chien et sont contact de plus en plus étroit avec l'homme exagèrent ces manifestations en rythme et en intensité, allant jusqu'à les lui faire feindre pour, comme un enfant, " se faire plaindre ". Comme chez l'homme, la résistance de l'animal à la douleur est plus ou moins grande. Elle dépend de l'âge, de l'éducation, de l'expérience et du tempérament du chien.

 


Le chien souffrant en silence, il n'est pas facile d'évaluer sa douleur. Celle-ci s'exprime différemment d'un individu à l'autre et chez un mêm sujet au fil de son existence.

HISTOIRE SANS PAROLES

La douleur peut apparaître suite à des agressions diverses, et la sensation qui en découle peut être très variable en nature et en intensité. Elle s'exprime différemment d'un individu à l'autre et chez un même sujet au fil de son existence. Chez le chien, les douleurs corporelles (opération chirurgicale, blessures, brûlures chimique ou thermiques…) ont fait l'objet de nombreuses études et sont maintenant bien connues. Le déclenchement de la douleur se décompose habituellement en deux phases distinctes et consécutives : une douleur vive et soudaine qui devient sourde et lancinante. Elle peut être aiguë ou chronique, localisée ou diffuse, continue ou intermittente. Dans tous les cas, la souffrance doit être considérée comme un mécanisme de défense, mais quant elle devient inutile, il faut la combattre.
Le chien souffrant en silence, il n'est pas facile d'évaluer sa douleur. Cependant, de nombreux signes peuvent nous permettre de contourner cet obstacle. Certains sont presque évidents, d'autres beaucoup plus difficiles à interpréter. Des gémissements, des grondements, des cris répétés, alertant immédiatement le maître sans pour autant être caractéristiques d'une localisation précise de la douleur. En revanche, si votre compagnon porte une oreille basse et se plaint en se grattant, s'il boite, garde une patte en l'air ou rechigne à faire certains mouvements, le siège du mal devient bien plus évident. Et peut alors, dans la majorité des cas, être confirmé par l'examen et la palpation de la zone incriminée. Ces manœuvres déclenchent un réflexe de défense qui ne peut pas tromper le maître ou le praticien.


Certaines douleurs déclenchent chez le chien un réflexe qui permet de localiser le siège du mal. Celui-ci peut ensuite être confirmé par l'examen et la palpation de la zone incriminée.


RISQUES ACCRUS

Malheureusement, les manifestations de la douleur sont le plus souvent peut caractéristiques. Son évaluation devient alors beaucoup plus difficile aussi bien dans son intensité que dans sa localisation. Le chien peut montrer de l'agitation ou l'immobilité, de l'agressivité ou de l'apathie. Il peut perdre l'appétit et le sommeil. Des douleurs sourdes et intenses provoquent généralement une augmentation du rythme cardiaque et du rythme respiratoire avec un fort halètement, des grimaces et une dilation des pupilles.
La douleur est une alerte pour le sujet conscient. Cependant, ses effets durables ou non peuvent être catastrophiques. A ce titre, sa prise en charge doit, tout comme chez l'homme, être considérée comme une nécessité médicale.
Le chien ne se raisonne pas. Il arrive fréquemment que pour se débarrasser de sa douleur, il lèche et mordille la zone sensible. Ce comportement peut aller jusqu'à l'automutilation. En chirurgie, la douleur est néfaste au rétablissement d'un animal opéré. Elle aggrave le réveil, provoque une augmentation importante du sucre dans le sang, retarde la cicatrisation et accroît les risques d'infection. La perte de l'appétit et l'insomnie consécutives à une douleur persistante peuvent entraîner des perturbations physiologiques graves, mettant la vie de votre animal en danger.
Ainsi, on comprend mieux que la douleur doive être prise en compte chez l'animal ou même titre que chez l'homme. Mais cela ne doit pas se faire n'importe comment. Certains médicaments " anti-douleur " comme l'aspirine peuvent se révéler toxiques chez le chien. Il est donc impératif de l'utiliser que des analgésiques prescrits par votre vétérinaire.

 

LA SOUFFRANCE MORALE

Totalement dépendant de l'homme, le chien qui porte à son maître un attachement extrême est tout à fait susceptible de ressentir de façon intense une véritable douleur morale. Elle est très fréquente et peut être vécue sur une période courte (attente devant un magasin) ou très longue (décès de son maître). Des gémissements, des aboiements, des hurlements à la mort en sont les premières manifestations. Si cette souffrance se prolonge, l'animal entre dans un état de prostration .Il ne mange plus et ne dort plus. Dans certains cas, elle peut aboutir comme chez l'homme à un refus de vivre pouvant aller jusqu'au suicide.

   
   

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