AU BOUT DU VOYAGE
LE DERNIER REGARD

 

Sa vie trop courte arrive à son terme. Le cœur en peine, vous l'emmenez chez celui qui va mettre fin à son calvaire : votre vétérinaire.

La vie de notre compagnon, chat ou chien, est monstrueusement trop courte. Il nous faudra hélas quitter un jour celui ou celle avec qui nous avons partagé un bonheur réciproque. Il nous a prodigué tant d'affection. Il a partagé nos joies et nos soucis. Et nous voilà pantelants et désorienté. N'ayons surtout pas honte de pleurer. Qui résisterait à un chagrin aussi intense et ne verserait pas de larmes? Il n'y a là rien de ridicule, bien au contraire.
Tous les soins, tous les sérums de jouvence s'avèrent impuissants lorsque l'heure de l'ultime séparation sonne, hélas. Faites alors confiance au praticien qui l'a suivi tout au long de sa vie et peut-être l'a déjà sauvé plusieurs fois. Votre vétérinaire assistera avec respect ses instants, sans douleurs, sans spasme, sans frayeur, en prolongeant insensiblement jusqu'au bout son sommeil provoqué. Nous ne sommes plus à l'époque pas si lointaine où les recours aux injections strychnine provoquait une mort atroce, précédée de convulsions insupportables. De nos jours, le sommeil profond peut être obtenu en quelques secondes à l'aide d'anesthésique indolore, hyper concentré ; le même que celui utilisé pour une intervention chirurgicale, mais à très forte dose létale : l'euthanasie.
Vous avez privilège de pouvoir soulager votre compagnon s'il est victime d'urémie, de paralysie ou de cancer incurable. N'hésitez plus, vous avez la chance d'être autorisé à l'empêcher de souffrir. Rendez-lui ce service, à cet ami véritable, à ce compagnon de tendresse qui est rendu au bout de sa trop courte existence.
Permettez-moi ce conseil : ne faites pas cela vous-même ; vous risqueriez de le "rater" et de prolonger son agonie. Faite confiance au praticien, lui qui l'a assisté au cours de sa vie, qui l'a vacciné, opéré peut-être et qui l'assistera avec respect dans ses derniers moments. "Un regard de chien qui meurt et l'on perd pied" a écrit le célèbre docteur Fernand Méry.

L'ULTIME HOMMAGE

Certains maître désirent faire naturaliser, et donc empailler leur animal défunt. Le pelage risque avec le temps de s'abîmer et sa présence permanente risque de hanter vos cauchemars. Essayez plutôt de le mettre en terre dans votre jardin ou dans l'un des centres organisés par l'association Les Jardins du souvenir . Le cas échéant, vous pouvez aussi choisir de le faire incinérer par l'intermédiaire de votre vétérinaire et même de recueillir les cendres dans une urne. Il existe aussi des cimetières, de plus en plus nombreux, en région parisienne (celui d'Asnières est le plus connu) comme en province. Votre vétérinaire vous conseillera pour l'intervention ou le mode d'enlèvement.
Pleurez, regrettez le disparu. Puis un jour une petite boule de poils fera son apparition dans votre quotidien. Et... ce sera le début d'une longue vie à deux que je vous souhaite heureuse. "L'église interdit l'inhumation d'un chien dans un cimetière dès le moment où le cimetière à béni, a fortiori s'il y a une croix ou un signe religieux sur la tombe." (Abbé Gautier). Lorsqu'on leur aura reconnu une âme, comme j'en ai la conviction profonde, l'Eglise modifiera peut-être son a priori. "Nos amis les chiens ne nous font de la peine que lorsqu'ils meurent" écrivait Pascal.

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