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Allergies
aux "Piqûres" d'insectes * chez le chien
*(
à l'exception des puces)
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insectes représentent un ensemble très vaste, regroupant de nombreuses espèces,
qui appartiennent a l'ordre des arthropodes, mais qui diffèrent de leurs
" cousins ", les arachnides. Ils peuvent provoquer des lésions directement
(piqûres, morsures) ou indirectement (réactions allergiques). Certaines
réactions d'hypersensibilité liées à ces parasites sont bien connues
chez le chien (cas des puces par exemple), et d'autres beaucoup moins (mouches,
chenilles, ...). Ces dernières représentent pourtant un risque non négligeable,
surtout au printemps et au début de l'été, et sont exposées dans cet article.
Le cas des puces est particulier et ne sera pas abordé ici. |
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Ces dermatoses
sont, dans l'ensemble, de description récente. Ceci explique qu'elles
soient assez mal connues et surtout mal comprises. En particulier, les
conditions d'apparition et les mécanismes de déclenchement des lésions
restent à élucider.
Généralités
On suspecte
des mécanismes d'allergie sur la conjonction d'arguments épidémiologiques
(le propriétaire a noté la coïncidence des symptômes avec un épisode de
piqûre, ou après le contact avec un insecte), sur le type et la localisation
des lésions, et sur les résultats des biopsies cutanées.
Le
rôle " allergisant " des arthropodes, et des insectes en particulier,
est peu documenté chez les carnivores domestiques au contraire de l'homme.
Dans l'espèce humaine, de nombreux mécanismes d'hypersensibilités sont
associés aux différentes actions des arthropodes (par inhalation, contact,
piqûre, morsure ou envenimation). Il faut distinguer les réactions allergiques
et les réactions toxiques. Ainsi, il existe des insectes venimeux, vésicants
ou urticants, qui provoquent des lésions après l'introduction dans l'organisme,
par inoculation ou par contact, de substances destinées à leur défense
ou à leur nutrition. Les taons, les punaises et les coléoptères par exemple,
sont plus souvent à l'origine de réactions toxiques que de réactions allergiques.
La
réaction cutanée peut également être déclenchée suite à l'introduction
par l'insecte, dans la peau, d'agents infectieux ou d'oeufs, qui ont un
effet pathogène direct sur l'hôte ou qui déclenchent une réaction de l'hôte
à leur encontre, sans faire intervenir de phénomène allergique.
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Dermatite
aux piqûres de mouches
Il s'agit
d'une affection atteignant principalement les chiens à oreilles dressées,
probablement due à des piqûres de mouches des espèces Stomoxys calcitrans,
Chrysops Sp. ou Tabanus Sp. Les lésions, d'apparition brutale, siègent
sur l'extrémité des pavillons auriculaires. On note la présence de croûtes
hémorragiques et d'ulcérations suintantes (photo 1). Dans certains cas,
le motif de consultation est le saignement auriculaire. Le diagnostic
est essentiellement clinique.
Il
faudra éviter l'exposition aux mouches, ce qui est difficile en pratique.
On essaiera d'empêcher les sorties, de maintenir l'animal à distance des
grands animaux (les larves de Stomoxes se développent dans les fumiers).
L'application locale de vaseline, éventuellement additionnée de citronnelle,
peut se révéler intéressante. Certains produits antipuces possèdent également
des propriétés répulsives qui peuvent être mises à profit dans cette indication.
Des anti-inflammatoires peuvent être utiles si l'affection est très inflammatoire
et douloureuse, mais leur emploi doit toujours être raisonné à cause de
leurs effets secondaires non négligeables.
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photo
1 : atteinte du bord d'un pavillon auriculaire
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Hypersensibilité
aux piqûres de moustiques
Cette affection,
surtout décrite dans l'espèce féline, existe probablement chez le chien.
Elle serait liée à une réaction d'allergie vis à vis de substances contenues
dans la salive, et injectées lors de la piqûre des moustiques. Les lésions
sont situées sur le chanfrein, les pavillons auriculaires ou, parfois,
au niveau des extrémités, à la jonction entre les doigts et les coussinets.
Ces zones correspondraient aux sites préférentiels de piqûres des moustiques.
Les signés cliniques regroupent initialement une rougeur et un gonflement,
rapidement remplacés par des ulcérations et/ou des nodules.
La
dermatite est récidivante, souvent saisonnière, en relation avec l'abondance
des moustiques dans l'environnement; elle atteint préférentiellement les
animaux vivant à l'extérieur. La thérapeutique vise à prévenir les piqûres
en évitant les sorties de l'animal. L'utilisation d'anti-inflammatoires
est parfois nécessaire.
Furonculose
eosinophilique
Elle a surtout
été décrite dans les races à long chanfrein, et est très probablement
due à des piqûres de diptères (tabanidés, simuliidés, phiébotomes, cératopogonidés...)
ou d'hyménoptères (fourmis, guêpes, frelons, abeilles) ou encore à la
suite de morsures d'araignée...
L'apparition
des signes cliniques est très rapide, en une journée le plus souvent,
après une sortie ou une promenade. On note une rougeur, une chute de poils,
l'apparition de lésions gonflées, parfois nodulaires, ulcérées et hémorragiques,
sur le chanfrein (photo 2 et 3). La face et les pavillons auriculaires
peuvent parfois être atteints. Les lésions provoquent des frottements
de la face, parfois incessants.
Le
diagnostic est réalisé sur la conjonction de l'apparition brutale des
lésions (en quelques heures) après une sortie, sur l'aspect de la peau
et sur le recours par le vétérinaire à des examens microscopiques de prélèvements
cutanés.
Bien
que cette affection puisse disparaître spontanément en quelques jours
à quelques semaines, il est utile, en raison des lésions spectaculaires
et des risques de cicatrisation disgracieuse, d'avoir recours aux anti-inflammatoires
pendant une courte durée.
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photo
2 : furonculose éosinophilique : lésion d'apparition brutale.

photo
3 : furonculose éosinophilique, notez l'hémorragie et les nodules
suintants.
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Allergies
aux venins d'hyménoptères
Ces affections ont été bien décrites chez l'homme. Dans l'espèce humaine,
il s'agit d'un sujet majeur de préoccupation pour les allergologues, à
cause des risques non négligeables de choc anaphylactique pouvant conduire
à la mort. Dans l'espèce canine, elles sont très mal connues.
La
piqûre et l'inoculation du venin provoquent localement une réaction inflammatoire
non allergique, avec douleur et gonflement, qui apparaît brutalement et
disparaît en quelques heures. Des effets généraux sont également possibles
(atteinte rénale, atteinte sanguine et cardiaque, troubles nerveux).
Les
symptômes en cas d'allergie regroupent des lésions d'urticaire, un gonflement
(photo 4 et 5), parfois un choc anaphylactique avec chute de tension et
syncopes.
Le
diagnostic passe par la réalisation de tests cutanés ou de dosages sanguins.
Le
traitement, en cas de choc, fait appel aux antihistaminiques ou aux corticoides.
Une désensibilisation peut être proposée lorsque les épisodes sont nombreux.
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photo
4: oedème de Quincke (réaction d'urticaire) chez un Braque de Weimar piqué
par un insecte.
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Erucisme
dû aux chenilles processionnaires
On rencontre
les chenilles processionnaires du pin (Thanmetopoea pityiocampa) dans
les zones de pinèdes au sud d'une ligne Brest-Belfort, aux mois de mars
et d'avril, qui correspondent à la période de procession des chenilles.
Ces insectes portent sur leur dos un appareil urticant constitué de poils,
qui contiennent des substances irritantes et allergisantes.
Ces
poils sont libérés lors d'une réaction de défense de la chenille ou par
simple dissémination par le vent. Ils peuvent également persister dans
les nids abandonnés. Ils sont à l'origine de deux types de réactions.
D'une part l'enveloppe du poil pénètre profondément dans les tissus et
peut s'y comporter comme un corps étranger, difficilement extractible.
D'autre part, les éléments toxiques sont inoculés et provoquent des démangeaisons,
un gonflement, voire une réaction syncopale.
Les
symptômes regroupent une atteinte de l'état général, un abattement, une
perte d'appétit et une atteinte de la peau et des muqueuses. La langne
est touchée dans 90 % des cas et présente une zone enflammée et nécrotique
(photo 6). Rapidement un gonflement survient, et un sillon de nécrose
se forme. La douleur est intense. L'animal salive énormément. La portion
nécrosée a tendance à tomber, en quelques jours à plusieurs semaines.
Au
niveau cutané, une urticaire aiguë, très prurigineuse, peut survenir.
On peut également observer des plaies suintantes très inflammatoires,
rapidement recouvertes de pus. Des lésions des pieds ou oculaires sont
également possibles.
Cette
affection est grave et justifie une visite immédiate chez le vétérinaire.
Le traitement est à la fois local et général. En cas d'atteinte linguale,
l'utilisation d'anticoagulants est intéressante afin de favoriser la vascularisation.
L'utilisation d'anesthésiques locaux permet de diminuer la douleur et
de favoriser la reprise de l'alimentation. Une chirurgie de la langue
est dans certains cas nécessaire.
Le
traitement général fait appel à différentes substances, administrées en
injections intraveineuse ou intramusculaire, pour lutter contre le choc.
Le
soutien nutritionnel est dans tous les cas capital. On pratiquera un abreuvement
à la seringue, et on privilégiera une nourriture pâteuse riche en eau...
En conclusion,
malgré la grande diversité des insectes présents dans l'environnement,
les dermatoses dues à leurs "piqûres" sont mal comprises et peu souvent
décrites chez les carnivores domestiques. Il est probable que ces dermatoses
seront dans un futur proche appréciées avec plus de précision. Ceci doit
permettre d'envisager des thérapeutiques adaptées, au premier rang desquelles
la désensibilisation jouera sans nul doute un rôle prépondérant,
comme c'est déjà le cas chez l'homme.
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photo
5 : lésions d'urticaire sur l'abdomen d'un Setter piqué par un insecte.
Méfiez
vous des chenilles processionnaires!
Ci-dessous
les responsables... et leurs effets sur les muqueuses, avec un sillon
de nécrose qui provoque une douleur intense et votre chien qui
dans le même temps, salive énormément. Dans des cas
extrèmes, la chirurgie s'impose!

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