Pour une cicatrisation optimale,

NE NEGLIGEZ PAS LES PLAIES

Les plaies cutanées sont monnaie courante dans la vie des chiens. Petites ou grandes, superficielles ou profondes, il ne faut pas les négliger. Des soins adéquats instaurés précocement seront les garants d'une bonne cicatrisation.

Les plaies qui entraînent des démangeaisons poussant le chien à se lécher, se gratter et se mordre cicatrisent plus lentement. Elles nécéssitent souvent la pose d'un pansement de protection.
Les plaies cutanées sont souvent négligées. N'affectant aucun organe vital, elles ne semblent être graves que lorsqu'elles sont de grande taille ou très hémorragiques. Pourtant des petites plaies profondes telles que des griffures peuvent occasionner des abcès. D'origines très diverses (morsures, coupures, chocs), elles entraînent une discontinuité de la peau. Les plus superficielles n'affectent que l'épiderme, ce sont les plus banales. En revanche, les plaies ouvertes et profondes, atteignant le derme, sont plus à craindre. Elles sont souvent contaminées par des bactéries qui se multiplient et créent une infection empêchant la cicatrisation. Si l'antibiothérapie n'est pas toujours de mise, l'antisepsie est garante d'une évolution favorable de la cicatrisation. Le bon geste, avec le bon produit, au bon moment… une règle simple à suivre.

PLAIES ET FRACTURES

Les plaies associées à des fractures ouvertes nécessitent des soins particuliers. Leur infection peut gagner l'os fracturé et provoquer une ostéomyélite gravissime. Le vétérinaire doit alors poser des pansements stériles sur la plaie pendant quatre à cinq jours afin d'assurer qu'elle est saine avant d'envisager une intervention chirurgicale réparatrice de la fracture.

LE PHENOMENE DE CICATRISATION

La peau est un tissu extraordinaire qui se répare spontanément par le phénomène de cicatrisation. Il existe deux types de cicatrisation : par première intention et par deuxième intention. Le premier concerne toutes les plaies sans perte de substance, comme les coupures franches ou plaies secondaires à une chirurgie. Il est facile de rapprocher et d'accoler les bords de la plaie. Une suture est suffisante pour obtenir une rapide cicatrisation. Trois à quatre jours plus tard, la cicatrice est déjà étanche bien qu'encore fragile. Au bout d'une nouvelle semaine, la cicatrisation est complète grâce à un phénomène inflammatoire que permet la fermeture définitive de la plaie sans sécrétions ni démangeaisons. Ce type de cicatrisation est rapide et laisse peu de traces. Un pansement de protection est indispensable si la plaie se situe sur une zone de frottement facilement souillée ou si le chien risque de se lécher. Ce pansement ne nécessite pas d'être renouvelé.
La cicatrisation par deuxième intention intéresse toutes les plaies ayant entraîné une perte de substance. Il manque trop de tissu cutané pour que les bords de la plaie puissent être rapprochés. Le tissu sous-cutané va bourgeonner afin de fabriquer un tissu de granulation qui comblera la peau manquante. Ce tissu rouge vif, granuleux, charnu et très fragile se déchire et saigne facilement. Ce type de plaie entraîne de fortes démangeaisons qui poussent le chien à se lécher, se gratter et se mordre. La cicatrisation est beaucoup plus longue. Elle peut durer de quinze jours à un mois, voire plus lorsque la perte tissulaire est conséquente. Elle nécessite des soins locaux réguliers qui consistent par application d'un antiseptique et la pose d'un pansement, jusqu'à ce que le tissu de granulation ait comblé la perte de substance. Par la suite, il faut appliquer des pansements gras avec de tulle ou une pommade grasse pour que l'épiderme puisse se reformer. Les soins sont réalisés toutes les 24 à 48 heures la première semaine, puis espacés en fonction de l'évolution de la cicatrisation.

A FAIRE

- Tondre les poils autour de la plaie.
- Laver la plaie au savon de Marseille.
- Désinfecter à l'aide d'un antiseptique de type Vétédine ou Hibitan.
- Appliquer une compresse propre.
- Poser un pansement.
- Renouveler le pansement toutes les 48 heures.
- Eviter que le chien lèche ou souille le pansement.


A EVITER

- Désinfecter la plaie sans l'avoir préalablement nettoyée.
- Utiliser de l'alcool.
- Ne pas protéger à l'aide d'un pansement une plaie qui peut être souillée ou léchée par le chien.
- Laisser en place ce pansement souillé.
- Mettre un garrot si la plaie saigne.

EN CAS D'INFECTION

Mais la cicatrisation ne se passe pas toujours aussi bien. Les plaies peuvent s'infecter, c'est le cas des morsures. Recouvert de pus, le tissu lésé ne peut cicatriser tant que l'infection n'est pas enrayée. Une plaie infectée se manifeste par l'apparition de pus et d'un gonflement. Elle a tendance à s'ouvrir, est tuméfiée et ne cicatrise pas. Si l'on ne réagit pas à temps, l'état général du chien peut s'en ressentir : abattement et forte fièvre. Il essaiera par tous les moyens de se lécher car la plaie le démangera de façon permanente. Hormis l'antibiothérapie, il peut être nécessaire de poser un drain pendant deux à quatre jours afin de permettre l'élimination des sécrétions. Ce drain est recouvert d'un pansement absorbant composé d'une première couche de compresse puis de coton et d'un sparadrap.
Il arrive également que la plaie soit saine et que l'infection soit secondaire. C'est le cas lorsque le chien arrache son pansement et se lèche. D'une part, il apporte des bactéries sur la plaie, la bouche étant un foyer important de germes, d'autre part, le léchage est irritant et inhibe la cicatrisation. C'est également le cas lorsque le pansement souillé ou mouillé contamine la plaie. Enfin, il arrive que malgré toutes les précautions prises, la cicatrisation soit lente et laborieuse comme chez les chiens diabétiques. Dans ce cas, il n'y pas grand chose à faire, si ce n'est prendre son mal en patience.

QUAND CONSULTER ?

Certaines plaies nécessitent une consultation chez le vétérinaire dès que possible. C'est le cas lorsque :

- la plaie saigne abondamment ou le saignement persiste pendant plus de cinq minutes malgré une compression locale ;

- la plaie est profonde ou supérieure à 1 cm de longueur ;

- la plaie est secondaire à une morsure ou griffure profonde, ou due à un grillage, même si le point d'entrée est de petite taille ;

- la plaie est douloureuse, gonflée ou chaude ;

- la plaie est malodorante ;

- le chien est abattu ou fiévreux.

DES ORIGINES DIVERSES

Les plaies les plus superficielles sont les éraflures. Un frottement ou une friction arrachent l'épiderme, laissant la peau à vif. Elles se recouvrent rapidement d'une croûte. Hormis le risque d'infection si l'on ne réalise pas les premiers soins rapidement, elles ne posent aucun problème de guérison.
Ce n'est pas le cas des plaies par lacération, les plus fréquentes chez le chien. Morsures, barbelés ou chocs violents peuvent en être l'origine. Ce n'est pas tant leur forme irrégulière que la perte considérable de peau et l'infection qu'il faut craindre. Elles sont souvent profondes et il n'est pas rare que les muscles, tendons ou os adjacents soient touchés. La cicatrisation est lente du fait que les lèvres sont déchiquetées et la perte de peau importante. Elle laisse une vaste cicatrice sur laquelle le poil ne repousse pas.
D'autres plaies sont conséquentes à une coupure. Ce sont les plus impressionnantes par le saignement abondant, et pourtant les plus bénignes. En effet, les abords sont nettement incisés et une simple suture permet d'accoler les lèvres pour assurer une cicatrisation en quelques jours. La cicatrice sera fine et discrète.

Quel que soit le type de plaie, le premier geste à réaliser est son nettoyage au savon de Marseille. Toutes les souillures visibles doivent être éliminées. Ensuite, la désinfection passe par du désinfectant classique de type Vétédine ou Hibitan. Si la taille de la plaie requiert une suture, celle-ci ne doit être posée le jour même de l'incident. Sinon, on risque de ne pas pouvoir rapprocher les bords et la plaie devra cicatriser par deuxième intention.
Si elle est due à une morsure profonde, la plaie ne peut être totalement suturée. Une plaie par morsure est toujours lourdement contaminée par des bactéries. La refermer totalement induirait inévitablement la formation d'un abcès. La pose préalable d'un drain pendant 48 heures est généralement suffisante avant de refermer totalement la plaie.


Très fréquentes dans la vie des chiens, les plaies doivent être traitées précocement pour bien cicatriser.



Quel que soit le type de plaie, il faut commencer par enlever toutes les souillures visibles puis passer un désinfectant.

LES PANSEMENTS DE PROTECTION

Les pansements de protection doivent répondre à certains critères pour être efficaces. Ils doivent être bien fixés, adhérant à la peau ou au poil. Pour cela, on utilise souvent une bande cohésive de type Elastoplaste. Une compresse stérile posée directement sur la plaie évite tout contact direct avec la partie collante. Le pansement doit être léger et ne pas serrer, sous peine de diminuer la vascularisation des bords de la plaie et retardes la cicatrisation. Il doit être sec et propre, quitte à le renouveler quotidiennement. Pour tous les pansements des membres il est possible d'utiliser des bandes cohésives de type Vetrap qui adhèrent uniquement sur elle-même. Elles ne collent pas au poil, sont perméables à l'air, hydrophobes et repositionnables. Elles n'entraînent pas d'allergie. Il faut simplement veiller à ne pas provoquer un effet de garrot. Pour empêcher le chien de toucher à son pansement, on peut utiliser un répulsif de type Bitter spray ou une pommade à base de camphre. Les pansements de plaies cicatrisant par deuxième intention nécessitent l'application d'un pommade cicatrisante ou d'un corps gras de type biogaze. Il doit être renouveler toutes les 24 à 48 heures. Quand la localisation le permet, on peut laisser la plaie à l'air libre. Si elle se trouve dans une région où le chien peut se lécher, il convient de mettre une collerette jusqu'à cicatrisation de la plaie.

STOPPER L'HEMORRAGIE

Les plaies hémorragiques doivent être prises très au sérieux. Même une hémorragie minime de longue durée peut être fatale. L'hémorragie peut être due à la rupture d'une artère, laissant alors apparaître un flux de sang rouge vif que s'écoule par jet de saccades. Elle peut provoquer la rupture d'une veine. Le sang plus sombre s'écoule régulièrement. Enfin, le saignement peut provenir des capillaires. La plupart du temps, les trois types de vaisseaux sont lésés au même moment. Le saignement peut stopper spontanément. C'est souvent le cas des plaies par lacération. Les extrémités de la peau se rétractent et resserrent l'extrémité des vaisseaux qui finissent par s'obturer. Les plaies par incision de type coupure saignent beaucoup plus. Il est nécessaire d'appliquer une compresse stérile sur la plaie pendant environ cinq minuter pour arrêter ce saignement. Si la localisation le permet, on applique une bande autour de ce pansement. Si la plaie est importante, elle nécessite la pose d'une suture. Il ne faut pas retirer le pansement compressif avant d'emmener le chien chez le vétérinaire, afin de ne pas retirer le caillot qui se sera formé, sous peine de relancer l'hémorragie.

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La salive (rajout)
La salive du chien n'a jamais été, comme on l'entend dire trop souvent, le meilleur des antiseptiques! Et si votre chien se blesse, ne le laissez pas se " soigner " tout seul ; il vaut mieux l'emmener chez le vétérinaire. Tordons tout de suite le cou à la vieille croyance selon laquelle la salive du chien est le meilleur des antiseptiques, ce qui rendrait inutile tout soin des blessures... Une plaie franche non infectée (plaie chirurgicale, coupure), si elle est suturée, cicatrise par "première intention". En schématisant, on pourrait considérer que les deux lèvres de la plaie se recollent. Les plaies compliquées, anfractueuses, non suturées, cicatrisent par granulation, c'est à dire que du tissu de réparation bourgeonne à partir du fond de la plaie, en direction de la surface. Si la plaie est infectée, il se produit une suppuration. La blessure de votre chien non guérie après trois mois, me parait mériter des soins urgents Le vétérinaire fera un examen général du malade, afin d'éliminer des causes de ce retard de cicatrisation (diabète par exemple). Puis, il s'intéressera à la lésion afin de déterminer s'il ne reste pas un corps étranger ou des tissus nécrosés empêchant la guérison. Peut-être sera-t-il obliger d'anesthésier le patient afin de cureter la plaie ou d'en raviver les bords. Selon le cas, il décidera ou non de pratiquer une sutre, de poser un pansement et d'administrer des antibiotiques.

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