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RUMEURS ET REGLEMENTS DE COMPTE AUTOUR DE LA PUCE ELECTRONIQUE QUI TIQUE POUR LA PUCE ? Arnaud Bennetot |
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Depuis le mois de décembre dernier, propriétaires de chiens, de chats et autres carnivores domestiques ont la faculté de choisir entre l'identification électronique et le tatouage classique. La France rejoint ainsi les nombreux pays européens qui ont opté pour ce nouveau mode d'identification, parfois depuis plusieurs années. Mais voici qu'un communiqué de presse alarmiste émanant de la fondation Assistance aux Animaux vient mettre en cause la fiabilité de la "puce électronique", et dénonce une opération marketing mettant en avant un système "peu performant et falsifiable". Une nouvelle relayée par la presse quotidienne et qui fait grand bruit dans le petit monde des animaux de compagnie. Avant de se jeter à corps perdu dans une campagne antipuces, il nous est apparu nécessaire d'enquêter sur ce dossier et d'entendre tous les protagonistes de cette affaire pour le moins étrange
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Le principe
de la puce électronique est finalement assez simple. Le transpondeur
(nom technique de ladite puce ) est une petite capsule de la taille d'un
grain de riz. Celle-ci contient une puce électronique préprogrammée,
renfermant un code d'identification à 15 chiffres, un condensateur
et une antenne. L'identification électronique consiste tout simplement
à injecter au moyen d'une seringue la capsule dans le corps du
chien. Cette opération _ qui demeure un acte vétérinaire
_ est indolore et ne nécessite pas d'anesthésie. Pour prendre
connaissance des informations contenues dans le transpondeur, on promène
à l'endroit de l'implantation un lecteur électronique qui
émet une onde électromagnétique ; la puce alors activée
y répond en renvoyant au lecteur le code d'identification de l'animal.
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A LA BASE, UN PROF DE MAISONS-ALFORT Joint par téléphone, le Pr Mouthon nous a confirmé qu'un appareillage simple permettait d'effacer les puces. Il propose même à qui le demande d'en faire la démonstration avec l'appareil qu'il a bricolé. "Le phénomène est bien connu, explique-t-il, et le mode opératoire se trouve dans n'importe quel livre de physique d'un élève de première." Il estime ne pas devoir en dire plus et que, ayant appris que de tels appareillages étaient commercialisés en Belgique, il avait simplement fait son devoir en informant les autorités compétentes. Mais quand on lui demande s'il a effacé une puce implantée sur un animal, le Pr Mouthon répond que ce n'est pas de son ressort. |
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ACCROS DU TATOUAGE Le système est annoncé comme une mesure destinée à lutter contre la fraude, plus performante que le tatouage qui, on ne peut le nier, est falsifiable. La simplicité de mise en uvre et la normalisation des fichiers au niveau de l'Europe ont également incité le ministère de l'Agriculture à agréer ce système. Pourtant, les critiques des détracteurs ne se sont pas fait attendre. Avec des arguments dont la véracité n'est pas toujours flagrante. Coût de l'identification, difficulté de lecture ou même fiabilité technique sont mis en cause. Dernier épisode en date, la révélation du Pr Mouthon de l'Ecole nationale vétérinaire de Maisons-Alfort, qui affirme que la réalisation d'un appareillage électronique capable de neutraliser les puces électroniques "est à la portée d'un élève de première", précisant même que de tels appareils seraient commercialisés "sous le manteau", en Belgique. C'est cette déclaration fracassante qui a fait l'objet d'un communiqué de presse de la fondation Assistance aux Animaux. Celle-ci accuse le Syndicat national des vétérinaires d'exercice libéral (SNVEL) et les vétérinaires eux-mêmes d'être financièrement intéressés à la réussite de la puce, alors qu'elle l'estime moins fiable et plus coûteuse. Ces accusations sont très graves et remettent implicitement en cause les études menées par le ministère de l'Agriculture et les travaux de laboratoire indépendant ayant réalisé les tests avant l'agrément des transpondeurs et des lecteurs. Il reste pourtant de nombreux points d'ombre dans ce dossier qui incitent, si ce n'est à mettre en doute ces allégations, à ne pas se jeter à corps perdu dans cette lutte antipuces alors que le procédé à déjà fait ses preuves ailleurs. S'il est indéniable que le Pr Mouthon a réussi à effacer des puces en créant un champ magnétique, l'expérience a été réalisée in vitro, et non pas sur des animaux transpondés, et le protocole expérimental n'a pas été révélé (et notamment la puissance de ce champ magnétique). Au ministère de l'Agriculture, la Direction générale de l'alimentation (DGAL) qui gère ce dossier a mis en place des tests complémentaires. En attendant les résultats, il semble que l'on puisse continuer à utiliser sans crainte son téléphone sans fil auprès d'un animal pucé ! Ce coup médiatique pourrait bien en réalité être davantage lié à des règlements de compte personnels, sans grand rapport avec la lutte contre le trafic des animaux.
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CONTRE-EXPERTISE Le Dr Dominique Grandjean, également professeur à Maisons-Alfort, a été chargé par la SNVEL et le ministère de réaliser un travail d'expertise sur la fiabilité des puces. D'ores et déjà, il explique que la puissance du champ magnétique nécessaire est telle qu'elle est susceptible de provoquer des lésions, voire carrément la mort de l'animal sur lequel il serait appliqué. Il évoque l'analogie qui existe avec les systèmes permettant la détection des véhicules volés : " les tests ont montré qu'une puce d'identification placée dans un véhicule, devant un transformateur électrique, résistait à un champ magnétique de 5 Tesla (l'unité d'induction magnétique), c'est-à-dire l'équivalent d'un éclair lors d'un orage."Par ailleurs, il précise que le chenil de la brigade cynophile des sapeurs pompiers de Paris qu'il dirige, est traversé par trois lignes à très haute tension et que les puces des chiens n'ont jamais présenté de signes de défaillance depuis près de dix ans que le système est utilisé. Il doute fort que l'on puisse reproduire l'expérimentation du Pr Mouthon sur des animaux vivants sans leur faire prendre de risques.
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LA REPONSE DES FABRICANTS Nous
avons contacté les laboratoires Mérieux et Virbac, deux
des fabricants bénéficiant de l'agrément ministériel
pour la fabrication ou la distribution des équipements d'identification
électronique. Ils sont bien évidemment au courant de cette
affaire, mais affirment être tout à fait sereins. Chez Mérieux,
Laurence Brunet, chargée de l'affaire, explique qu'il est toujours
possible de détruire n'importe quel appareillage électronique
en le soumettant à un champ magnétique énorme. |
LE SNVEL MIS EN CAUSE Le Syndicat national des vétérinaires d'exercice libéral, ouvertement mis en cause dans ce dossier, répond volontiers à nos questions. Pour René Bailly, le président, cette affaire n'en est pas une. Le travail de fond réalisé pour tester la puce avant sa mise sur le marché représente quatre années d'expérimentation. Les puces mises sur le marché répondent à un cahier des charges précis, qui a vérifié la fiabilité du système dans un environnement électromagnétique allant au-delà de ce que l'on peut rencontre dans la vie quotidienne. Par ailleurs, il s'étonne qu'on puisse aujourd'hui mettre en cause la puce alors qu'elle existe depuis plus de dix ans. René Bailly met en avant la rigueur relative du protocole expérimental qui a permis de neutraliser des puces in vitro et qui n'a, à ce jour, jamais pu être reproduit sur un animal vivant , implanté. |
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CÔTE BELGE Nous avons pu demander à Marc Buchet, président du FFCAVA (fédération European Compagnon Animal Veterinary Association), qui s'occupe du dossier de l'identification électronique en Belgique, de nous donner son point de vue. Pour lui, cette affaire n'est pas sérieuse : qu'un champ magnétique intense puisse effacer une puce est une évidence, mais la puissance nécessaire pour y parvenir est telle qu'elle n'est pas sans danger pour l'animal. La norme ISO à laquelle répondent les transpondeurs agréées a prévu le problème de la résistance aux champs pouvant être rencontrés dans des conditions normales : télévisions, téléphones, portiques d'aéroport ou dispositifs de lutte contre le vol dans les magasins et dans des conditions expérimentales encore plus sévères. Par ailleurs en tant que vétérinaire, exerçant en Belgique, il infirme que des appareils permettant d'effacer les puces soient commercialisés. |
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