LA SOLITUDE :
ça existe mais ça s'apprend


Votre chien est content de vous voir, mais vous ne lui avez pas manqué ! De fait, vu l'ampleur des dégâts dans tout l'appartement et le petit mot des voisins scotché sur la porte d'entrée, vous pouvez être sûr qu'il a trouvé de quoi s'occuper. Et comme il vous est impossible de rénover votre appartement toutes les semaines ou de mettre votre chien sous sédatifs pendant vos absences, il va falloir trouver une solution pour l'habituer à supporter sagement la solitude.

 

C'est vrai qu'il se précipite vers vous à votre retour. Il est évident qu'il est content de vous voir. Et pourtant, vous ne lui avez pas manqué ! Ca, c'est moins évident et ça fait réfléchir. Car c'est une des clés du problème de la solitude, de la séparation et des retrouvailles.

En effet, le chien vit dans l'instant et dans son monde immédiat. Il suffit d'observer les chiens qui l'on prend en pension. Dès que les maîtres sont partis, ils explorent leur nouvel environnement, le box, éventuellement la courette, les autres pensionnaires s'il y en a, et bien sûr le pensionnaire. Celui-là même qui devient très vite l'humain de référence. Bref, en votre absence, votre chien a bien d'autres chats à fouetter qu'à se demander où vous êtes passé.

L'ŒIL DE MOSCOU

Quelles sont les principales activités de votre chien ? En cherchant bien, on peut énumérer : manger, jouer, se promener et bien sûr dormir… Mais pendant son temps de veille, laquelle l'occupe le plus longtemps ? La réponse est rarement donnée. Pourtant, si l'on y réfléchit un instant, il est indéniable que nos chiens passent 98 % de leur temps de veille à nous observer. Ils nous suivent, nous épient, prêtent une signification au moindre de nos gestes et les anticipent bien souvent. Lorsque nous vérifions que les clés de la voiture sont bien à leur place, c'est le signe d'un départ imminent. Le chien connaît ce rituel depuis belle lurette. De la douche au café, le jingle des infos puis le brossage des dents, le choix des vêtements, de tout, il connaît tout par cœur ! Et son stress ne fait qu'empirer à mesure que nous nous préparons.

La déritualisation consiste à simplement déplacer les indices du départ. Rien ne vous empêche de vérifier que les clés sont bien à leur place la veille au soir. Ou de mettre votre veste le temps du repas du dimanche. Ou encore de vous brosser les dents en rentrant du travail. Toutes les astuces sont bonnes pour créer la confusion.

Vous devez habituer progressivement votre chien à la solitude. Quelques minutes, puis quelques dizaines de minutes vous conduisent à la demi-heure puis à l'heure. La durée s'allonge de plus en plus alors que l'espace dans lequel vous laissez votre chien est restreint au maximum: une petite pièce sécurisante où se trouvent son panier, sa gamelle d'eau, un ou deux jouets et rien à détruire, ni forcément assez de place pour faire ses besoins. Le rêve. Pour les irréductibles des âneries en l'absence de leur maître, pensez à la caisse de transport. Ensuite, quand le petit père s'est calmé, démontez la cage : sa partie inférieure devient alors corbeille. Magique, pratique, économique.

Autant le chien ne profitera pas d'un grand espace pour se dépenser s'il est seul, autant de balades en votre compagnie lui seront profitables. En effet, un chien qui se dépense suffisamment est plus calme quand on le laisse seul.

SATELLITE EN ORBITE


Attention, en cas de problème de solitude, le travail commence en votre présence ! Evitez que le chien ne vous suive comme votre ombre. Il n'est pas censé attendre derrière la porte quand vous êtes aux toilettes ou dans la salle de bains. Tout comme il ne doit pas systématiquement vous emboîte le pas lorsque vous quittez la pièce ou dès que vous vous levez de votre fauteuil pour changer de chaîne (alors, on a encore une vieille télé sans télécommande ou est-ce Rex qui a joué avec ?).

(Ce monsieur il ne connaît pas le cocker à mon avis car comme chien collant qui vous suit partout, le cocker, il se pose là (ou vous êtes) !!!)

DES TUBES A PLEINS TUBES

Une autre méthode a montré de bons résultats. Elle est assez semblable à celles des "faux départs". Jusque-là, nous apprenions à nos chiens à ne pas manifester de stress en notre absence. Eh bien cette fois, nous allons lui laisser croire que nous ne absentons jamais. Voici comment procéder: régulièrement, le soir après le boulot ou pendant le week-end, enfermez le chien dans une pièce munie d'une porte pleine. Dès que vous avez refermé la porte, allumez une radio posée contre la porte et déposez un linge portant votre odeur au pied de la porte. Cet enfermement ne durera pas plus de cinq minutes pour débuter. Au terme de ce délai, vous éteignez la radio et vous libérez le chien (sans transports affectifs). Vous pouvez répéter l'opération quatre à cinq fois en une seule soirée. Le volume de la radio doit être assez élevé pour couvrir les bruits ambiants. Vous l'avez compris, le but du rituel est d'habituer le chien à rester seul dans une pièce en lui faisant croire que vous êtes à côté (c'est d'ailleurs le cas lors des répétitions).

N'hésitez pas à entrer précipitamment s'il manifeste le moindre énervement et intimez-lui l'ordre : "Va coucher ! ". Dans la mesure où vous manifestez suffisamment votre présence, le chien assimilera vite formule : "cuisine + radio = papa n'est pas loin, prêt à me passer un savon si je bouge."

Le volume de la radio vous permettra de vous éclipser rapidement et discrètement de la maison. Mais votre chien pensera toujours que vous êtes toujours là, prêt à le réprimander s'il se manifeste.
Comme les autres, cette méthode demande un minimum de patience et une bonne série de répétitions. Elle offre l'avantage de vous épargner la déritualisation traitée plus haut. En effet, rien ne vous empêche d'enfermer le chien durant vos préparatifs de départ. Avec la radio allumée, il n'entend même pas le bruit du rasoir électrique.

L'EXCEPTION QUI CONFIRME LA REGLE

J'ai eu affaire à un client dont le jeune léonberg détruisait tout lorsque son maître partait travailler de très bonne heure. Déjà confinée dans la cuisine, la chienne ne s'arrangeait pas, au contraire. Alors que si on la laissait accéder librement aux autres pièces, elle attendait tranquillement le réveil du reste de la famille. Pour elle, la solution était le contraire de la règle générale.

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