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Les vaccinations
du chien devraient être inscrites parmi les actes routiniers. Pourtant
des difficultés subsistent encore, face à des contextes environnementaux
particuliers. C'est par exemple le cas pour le protocole de vaccination
contre la parvovirose en élevage, que le vétérinaire aura à adopter en
fonction de l'état sanitaire générale et de l'âge des chiots malades.
Nous présentons ici, tout d'abord les particularités des défenses immunitaires
du chiot; puis l'importance et les caractéristiques des quatre maladies
infectieuses classiques rencontrées chez le chien que sont : la maladie
de Carré, la parvovirose, les adénoviroses et la leptospirose.
PARTICULARITES
DES DEFENSES IMMUNITAIRES DU CHIOT
Les programmes
de vaccination s'adaptent aux particularités de chaque espèce. Dans l'espèce
canine, le nouveau-né est protégé par les anticorps de la mère, transmis
par le colostrum (lait sécrété pendant les 2-3 premiers jours de la lactation).
Cette protection passive est provisoire et dure en moyenne 7 semaines.
Cette durée dépend de plusieurs facteurs comme la quantité et la qualité
de colostrum ingéré ou de la vitesse de croissance des chiots. Dans une
même portée, la protection de chaque chiot est donc différente.
Le facteur important est le taux d'anticorps que possède la mère car la
quantité d'anticorps transmise aux chiots est d'environ 35 à 40 % celui
de leur mère. Pour de nombreuses maladies virales (maladie de Carré, adénoviroses,
parvovirose), cette quantité d'anticorps diminue en moyenne de 50% toutes
les semaines. Cette décroissance est d'autant plus rapide que la présence
du virus dans l'environnement est importante, les anticorps étant alors
utilisés plus rapidement.
Ces anticorps transmis passivement ont un rôle bénéfique en protégeant
le chiot de la maladie concernée, mais ils empêchent la vaccination, car
ils neutralisent le virus vaccinal. L'étude de la parvovirose a permis
de mettre en évidence une période qualifiée de " période critique " au
cours de laquelle le chiot possède des anticorps maternels en quantité
insuffisante pour le protéger contre le virus sauvage, mais en quantité
encore suf fisante pour détruire le virus vaccinal atténué. C'est pendant
cette période, de 3/4 semaines environ, que le chiot est contaminé. Pour
les autres maladies, ce phénomène passe plus inaperçu, car les virus ne
sont pas tous aussi résistants et ne se multiplient pas tous aussi rapidement
que le parvovirus.
LA
MALADIE DE CARRE
La maladie
de Carré n'est plus seulement la maladie du jeune. Le virus peut infecter
les chiens mal protégés quelque soit leur âge. Les chiens non vaccinés
ont des défenses insuffisances qui les laissent réceptifs à l'infection.
La fréquence de la maladie a évoluée ces dernières années. Très présente
pendant les années 50/60, en raison de l'insuffisante de la prévention
médicale, la maladie a presque disparu dans les années 60/70, grâce à
la généralisation de la vaccination et à son application pendant toute
la vie de l'animal. Une recrudescence des cas de maladie de Carré est
observée depuis les années 1980 car les programmes de vaccination ne sont
plus correctement suivi et que les échanges internationaux de chiots favorisent
l'entrée d'animaux mal protégés. La dernière épidémie en élevage, remonte
aux années 1987/1989.
Le virus pénètre dans un chenil lors de l'introduction d'animaux malades
en incubation (l'incubation est le temps de latence entre la pénétration
du virus dans l'organisme et l'apparition des premiers signes de la maladie).
Cette période est d'environ une semaine chez l'adulte, un peu plus courte,
chez le chiot. L'animal ne présente alors encore aucun signe clinique.
La propagation du virus se fait par contact direct entre les animaux et
la pénétration dans l'organisme, par les muqueuses du nez et de la bouche.
Les animaux malades restent très contagieux pendant plusieurs semaines.
Au début, l'animal atteint présente de la fièvre, une baisse d'appétit
et une sévère conjonctivite. Puis apparaissent des écoulements purulents
des yeux et du nez, une gêne respiratoire accompagnée d'une toux sèche
puis grasse. Ces troubles sont communs avec ceux observés lors de toux
de chenil, mais l'évolution est différente. Chez le chiot, des troubles
nerveux peuvent survenir rapidement (en 4/5 jours) et faire place à un
état comateux qui précède le décès de l'animal. Chez l'adulte, l'évolution
est plus lente. Les troubles respiratoires peuvent persister 10/15 jours,
accompagnés de problèmes oculaires et digestifs (diarrhée). Les complications
nerveuses sont variées : crises d'épilepsie, troubles de la marche ou
paralysie progressive des membres. Souvent, le diagnostic doit être confirmé
par des examens de laboratoire.
Il n'existe pas de traitement spécifique de la maladie de Carré. Les antibiotiques
évitent les complications bactériennes mais ne peuvent stopper l'évolution.
Seule la vaccination confère une protection efficace. La première
injection vaccinale se fait entre la 7e et la 8e semaine, suivi d'une
seconde injection pratiquée à un mois d'intervalle et d'un rappel au bout
d'un an. La vaccination des adultes est pratiquée tous les deux ans. En
élevage, l'isolement systématique des animaux venant de l'extérieur permet
d'éviter l'introduction de la maladie. Les mesures sanitaires classiques
doivent être maintenues : désinfection à l'eau de Javel, isolement des
malades... Si l'élevage est contaminé, il faut revacciner l'ensemble des
chiens adultes, débuter les vaccinations des chiots dès la 6e semaine
et les renouveler tous les 15 jours jusqu'à 12/13 semaines d'âge.
LA
PARVOVIROSE
Dans l'espèce
canine, une des maladies les plus préoccupantes est sans aucun doute la
parvovirose, en raison de la mortalité très élevée qu'elle entraîne chez
les jeunes chiots, surtout dans les lieux de forte concentration animale.
Cette mortalité est potentialisée par l'action d'autres viroses digestives
bénignes (coronavirose et rotavirose) et la présence de vers intestinaux.
On parle alors de " syndrome digestif ". La maladie n'est plus rencontrée
chez l'adulte grâce à l'efficacité de la vaccination, seul le chiot reste
la cible du parvovirus (cf. particularités des moyens de défenses du chiot).
Le virus responsable de cette maladie est très résistant dans le milieu
extérieur (plus de 6 mois dans les matières fécales). Il est de plus excrété
en quantité considérable par les sujets malades. Les sources de contamination
peuvent donc être multiples comme le pelage et les coussinets des chiens
ayant eu un contact avec un animal malade, les bottes, les vêtements des
hommes... Ainsi la désinfection efficace semble illusoire bien que les
désinfectants classique comme l'eau de Javel, détruisent le virus facilement.
Les chiots atteints sont âgés de 6 à 8 semaines, voire 4 semaines. Ce
sont des chiots qui ne sont plus protégés par les anticorps maternels
mais qui ne peuvent être vaccinés par les vaccins parvoviroses classiques.
(Ils sont en " période critique " c'est à dire qu'ils possèdent une quantité
d'anticorps maternels insuffisante pour les protéger contre le virus sauvage,
mais encore suffisante pour détruire le virus vaccinal atténué).
La pénétration du virus se fait par les muqueuses du nez et de la bouche.
l'incubation est très courte et totalement silencieuse (4 à 5 jours).
Les signes cliniques sont tout d'abord un état de fatigue et une baisse
d'appétit, puis une forte diarrhée à l'odeur fade accompagnée ou non de
vomissements. La déshydratation et la destruction de la muqueuse intestinale
sont à l'origine du décès de l'animal. On note également des mortalités
brutales en 24 heures chez certains chiots, sans signes cliniques particuliers.
La prévention de cette maladie passe par le maintien des mesures sanitaires
(maternité isolée, désinfection journalière, isolement des malades, mise
en quarantaine systématique...) et par une vaccination des chiots le plus
tôt possible. La mise sur le marché de nouveaux vaccins parvoviroses concentrés
qui permettent la vaccination des chiots en présence d'anticorps maternels,
laisse présager d'une nette régression des cas de parvovirose en élevage
canin. On conseille donc de débuter la vaccination du chiot à 6 semaines,
avec le vaccin parvovirose concentre, puis d'effectuer à 8 semaines une
vaccination trivalente : Carré, parvovirose et hépatite, suivi d'un rappel
à 12/13 semaines et d'un rappel à un an. Pour les adultes, on pratique
une vaccination annuelle de l'ensemble du cheptel à date fixe pour s'assurer
que tout l'effectif est protégé. La vaccination des reproductrices est
possible vers le 30e jour de gestation; cette pratique n'entraîne pas
cependant l'éradication de la maladie.
LES
ADENOVIROSES
Il existe
deux types d'adénovirus qui provoquent soit des trachéites (infection
de la trachée) favorisant l'apparition de toux de chenil, soit des hépatites
de Rubarth.
L'animal atteint d'hépatite de Rubarth est fiévreux, il ne mange plus
et boit énormément. Ses muqueuses sont très rouges et son abdomen douloureux.
Au bout d'une quinzaine de jours, apparaissent des complications oculaires
irréversibles comme l'opaciflcation bleutée de la cornée. La guérison
est l'issue la plus fréquente, sauf pour les jeunes chiens où la mortalité
peut être élevée. En fait, l'hépatite n'a jamais pris dans notre pays
le visage d'une épidémie. L'adénovirose sévit surtout dans les collectivités
de jeunes chiens sous forme de trachéites contagieuses. Elle provoque
aussi des mortalités brutales chez des nouveau-nés issus de mère non vaccinées.
La vaccination confère une protection de très longue durée vis-à-vis
des deux types d'adénovirus, c'est pourquoi cette maladie est de moins
en moins rencontrée. La première injection vaccinale se fait entre la
7e et la 8e semaine, suivi d'une seconde injection pratiquée à un mois
d'intervalle et d'un rappel au bout d'un an. La vaccination des adultes
est pratiquée tous les deux ans.
LA
LEPTOSPIROSE
La leptospirose
est transmise au chien par l'intermédiaire des rongeurs qui sont des porteurs
sains puiqu'ils ne sont pas touchés par la maladie. Ils constituent un
véritable réservoir de leptospires qu'ils disséminent par leurs urines.
Le risque de contracter la maladie est important pour les chiens de chasse,
et ceux vivants dans des zones humides, car les eaux stagnantes sont le
milieu de survie idéal pour les leptospires. Les élevages infestés par
les rats peuvent être aussi des lieu de contamination.
L'animal se contamine par voie buccale lors d'ingestion d'aliments et
d'eau souillés par les urines de rats, mais également par le passage à
travers la peau lors de plaies cutanée. L'homme est également sensible
à cette maladie qu'il contracte de la même manière que le chien. La contamination
directe du chien malade à l'homme reste cependant exceptionnelle.
L'animal atteint présente rapidement des vomissements et une diarrhée
sévères. Ses muqueuses sont très congestionnées et virent ensuite au jaune
orangé. Il s'agit d'une atteinte hépatique des leptospires. L'insuffisance
des fonctions du reins et du foie, qui s'installe dans la plupart des
cas malgré les traitements antibiotiques, est responsable de la mort de
l'animal en quelques jours.
Les vaccins utilisés contiennent les deux types principaux de leptospires
du chien : Leptospira canicola et Leptospira icterohaemorraghiae. La première
vaccination comprend deux injections, l'une à 10/12 semaines d'age et
l'autre à un mois d'intervalle. En chenil, la prévention de la maladie
passe par une dératisation permanente. Pour les animaux vivants dans des
conditions favorables aux développement des leptospires, la vaccination
s'effectue tous les 6 mois. C'est le cas pour les reproducteurs en élevage
contaminés où l'on débute également la vaccination des chiots dès la 7e
semaine. Pour les chiens de chasse, il est également recommandé un rappel
tous les 6 mois. Le rappel peut aussi s'effectuer quelques jours avant
le début de la saison de chasse.
CONCLUSION
Les maladies
infectieuses du chien, comme la maladie de Carré et la parvovirose, restent
encore importantes en France, c'est pourquoi il est important de vacciner
régulièrement les animaux de manière à diminuer leurs incidences. Le programme
de vaccination du chien de particuliers et le programme de vaccination
en élevage doit être adapté par le vétérinaire, aux conditions de vies
des animaux et aux maladies dominantes de l'environnement. Il en va de
même pour des maladies comme la rage et la piroplasmose, dont la présence
dans certaines régions de France est loin d'être négligeables, et pour
la toux de chenil qui pose également de sérieux problèmes en élevage.
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